‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 89 sur 112 · Gentille^ étincelle · texte numérisé non relu

Gentille^ étincelle

3. Brantôme a déjà raconté ce fait et celui des chanoines de Sailli-Pierre dans le Discours sur les Duels (tome VI, p. 249 et suivantes). On voit, comme nous l'avions dit, qu'il ne s'est pas servi du texte latin de Paris de Puteo, mais d'une traduction italienne.

prendre pour dancer aveq* elle. La dance finie, et luy s'en estant bien acquitté , luy vint faire une grande révérance devant son siège royal , le genoil en terre, la remercia très-humblement de l'honneur qu'elle luy avoit faict, et d'une telle humanité et courtoyzie, laquelle ne sçachant en quoy récompenser par quelque service condigne, luy fist veu d'aller errant qui çà qui là parmy le monde, et esprouver les faictz chevaleureux à tous hazards, à toutes heurtes * et à toutes rencontres, jusques à ce qu'il auroit vaincu et conquis deux vaillans chevalliers, pour luv en faire présent, et d'en disposer comme bon luy sembleroit.

Voyez comme le temps passé se rendoyent les pareilles en récompenses et rémunérations à leur supérieurs. Pour le moings, par ce traict elle cogneut qu'elle n'avoit honnoré ung chevallier, sinon aprochant rien moins de sa grandeur incomparable, pour le moins méritant quelque chose. La reyne, qui estoit non moings spirituelle et gentille, luy respondist seuUement qu'à la bonne heure, et aveq' la grâce de Dieu il accomplist son vœu, puisque telle estoit sa vollonté et la coustume de ces temps là ^

Le chevallier donq' part et vient en France, Bourgougne, Angleterre, Italie, Hespaigne, Allemaigne, Hongrie et autres régions, provinces et pays, où il y avoit pour lors une grand' fleur de chevallerie. Il se hazarde, il se rencontre, il se bat, il se combat;

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