‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 3)Chapitre 90 sur 112 · Heurtes, chocs, combats · texte numérisé non relu

Heurtes, chocs, combats

2. Les six derniers mots ont été ajoutés en marge par Brantôme.

enfin, il conquiert et vainq' moittié par sa vaiilantise, moittié par sa fortune^ le couple des deux chevalliers compromis \ et les ammeyne au royaume de Naples; et au bout de l'an arrive devant sa reyne, et, en luy présentant cez deux chevaliers le genouil en terre, luy accomplist son veu en très-grande sollampnitc, et la supplie de l'avoir très-agréable. La reyne, cncor' aveq' une belle grâce et grande majesté dont elle n'estoit aucunement despourveue, receust le vœu et le tint pour très-bien accomply, en offrant toutes les honnestetés du monde au cavallier, et le réputant pour très-digne, et acceptant les prisonniers. Puis elle leur dict : « Messieurs, vous estes « mes prisonniers, comme vous voyez, par les droictz c des combatz ; je me puis servir de vous autres en « telle et vile condition serviable ' qu'il me plaira ; « mais je croy que vous jugez bien à mon visage « que la cruauté n'y habite point, pour en disposer « de telle façon. Je vous use donq' de ma douceur et (( humanité , et vous donne dès asture toute liberté (c et franchise de faire tout ce qu'il vous plaira , soit « de vous en tourner libres en voz pays, soit, avant « que tourner, vous esbaltre par mon royaume, et (* en veoir les singularitez, que vous trouverrez assez (( belles; et, amprez en avoir faict la visite, venez « me trouver avant que vous partiez, que je seray » bien aise de vous dire à Dieu. » Qui furent aises? ce furent ces deux chevalliers, lesquelz, amprez leur douce sentance donnée, ne faillirent de l'exécuter très-bien, et se donner tout le bon temps qu'ilz peu-

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