CoUenuccio, f
4. Voyez les Mémoires d'Olivier de la Marche, édit. de 1606, in-4°, année 1435, liv. I, chap. i, p. 113 et suiv.
de la reyne, qui portoyent hayne el envie à ce Pandolfo, son mignon, et à Sforce \ luy mirent en teste de prendre le nom de roy et le porter : par quoy, estant allez au devant de luy, le salluarent tous pour roy, fors ce brave Sforce qui ne le nomma que conte ; à raison de quoy, par l'advis des autres, fist prendre prisonnier Sforce, et luy fist donner quelques traictz de corde, et trancher la teste au pauvre Pandolfo. Il en heust faict faire de mesmes à Sforce sans sa sœur', qui estoit une femme brave et courageuse, qui, assemblant une troupe de gens, prist aucuns seigneurs et gentilshommes du party du roy, par le moyen desquelz elle rachapta son frère. Voylà une bonne et brave sœur.
Quand à la reyne, il la mist à part, ne luy laissant manier aucuns affaires, et la tenant comme enfermée et confinée en une chambre, et l'emmenant fort peu souvant en son lict et en sa compaignie, la repoussant loing de soy, jusques à luy dire force villannies : oe que la reyne dissimula finement et fort mallieieusement, comme femme, mays pourtant très-habile, encor' que plusieurs des siens en murmurassent, en disant et faisant semblant que telle vie la dellivroit de beaucoup de travaux et fasclieries du monde; et, s'amusant à veoir dancer (à quoy les Françoys s'amusoient fort et sont fort addonnez, dit l'Histoyre), passoit joeusement le temps, bien qu'elle monstrast à ses amis plus privez, par signes et parolles à demy, quelque douleur au dedans et desyr d'y remédier.