Voyez tome IX, p
ÏRADUCÏIONS DE LUCAIN. 17
§ 7. Epistre dédicatoire à très-haute et très-grande princesse, la reyne Marguerite, fille de France, ma très-illustre dame et maistresse, sur la liarangue suivante.
Madame,
Je vous envoie eneor ce second eschantillon, que j'ay traduit en François du dixiesme livre de Lucain. ou plustost de son honneste femme, Polla Argentaria, gentille dame romaine, et l'une des plus accomplies en beauté et vertuz qui fust de son temps, comme je vous ay dict ailleurs. C'est la harangue que fit ceste belle reyne Cléopatre à Jules Caesar, lorsqu'il arriva en Egypte, ensemble la forme du festin qu'elle luy fit par amprez.
Je m'estimerois bien heureux, Madame^ si vous y prenez quelque plaisir; car ma plume ne vole que pour vous, bien qu'elle ayt le vol trop bas para calanzar sus allas virtmles y (lignas alahanzas^ . Si j'eusse pu, Madame, au lieu de cest eschantillon vous en traduire un des livres tout entiers, ainsy que vous me l'aviez commandé, je l'eusse faict. Mais, despuis deux ans, j'ay eu mon esprit si inquietté et si vague de tout enthousiasme, que je n'y ay peu travailler. Possible que quelque jour il me saisira et surprendra tout à coup, que je vous en fairay une version de tel livre des dix que je pourray choisir vous estre agréable et digne de vous, ou que me le commanderez vousmesmes.