Le texte porte
Ultlma fata Deprecor.
rcurs cl à ceux qui se sont trouvez en telles affaires.
Il n'y a qu'une chose, si me semble, qui manque en ceste harangue de Ca^sar : qu'il debvoit toucher quelque mot des dames, comme faict Pompée, puisqu'il n'y a rien qui tant anime un courage que les dames et leur amour : ainsy que ce grand philosophe' desiroit une armée, ou pour le moins, une bande d'amoureux, Icsquelz, si luy sembloit, fairoient rage de combattre j)lus que les autres.
Doncques je m'estonne que Ca^sar fut court en cela ; car, le bon empereur et le bon compaignon qu'il estoit, il n'estoit nullement ennemy des dames nv de leur accointance, tesmoing le sobriquet que luy donnèrent ses soldatz marclians en triumphe avecques luy, ainsi que tout leur estoit permis ce jour là : Romani^ servate uxore ; mœchum cahuni adducimus ; c'est à dire : « Romains, serrez et gardez bien « vos femmes, si vous voulez; car nous amenons « avecques nous ce grand adultère le chauve*; » par là les advertissant de bonne heure qu'il les desbaucheroit toutes. Yoylà de bons advertissemens, et à eux une obligation bien grande pour messieurs les marys.
1. Platon. Voici en effet ce qu'on lit clans le Banquet; mais il s'agit là d'amoureux d'une espèce tout autre que celle dont veut parler Brantôme. « Si par quelque enchantement un Etat ou une armée pouvait n'être composée que d'amans et d'aimés ... des hommes ainsi unis , quoiqu'en petit nombre , pourraient presque vaincre le monde entier. r> OEuvrcs^ trad. Cousin, t. VI, p. 2o0.