‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 118 sur 181 · Var. Vénus ; pourquoi m'assailles-tu · texte numérisé non relu

Var. Vénus ; pourquoi m'assailles-tu

420 POESIES INEDITES.

Et crois-tu bien que ta folle vertu, Or' que je suis bravement couvert d'arme Qui contre toy me serviront de charmes, Me pourroit rendre en ce champ abatu?

Retire toy et, brave, ne t'estorce De me braver de toy ni de ta force.

Souvienne-toy de la douleur, qu'un jour

Diomèdes, en la Troyenne terre,

Te fit sentir ^, car, aussi bien en guerre.

Entre soldars, nous sied fort mal l'Amour.

Comme on fait peu de cas d'un grand chesne asseiché Qui monstre ses bras nuds et sa racine forte, Et, sans feuille ombrageux ^, sa vieille teste morte Et son tronc nouailleux ' en cent lieux esbranché,

L'on en fait tout ainsi d'un chevalier taché De n'aimer point l'Amour qui seule nous supporte * Et rend nostre vertu d'autant plus brave et forte D'autant plus que l'on a un hazard recherché ;

Car c'est chercher de nuit la pierre précieuse Sans aucune lueur dans un chemin boui'beux. C'est pourquoy un Roland, un Richard^, un Rogier,

Après avoir parfait tant de beaux exploits d'armes, Se rengeoient à l'Amour et aimoient ses alarmes. Aussi l'Amour comme eux est soldat et guerrier.

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