‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 119 sur 181 · Far. Renaud · texte numérisé non relu

Far. Renaud

IMadame, II me souvient que me dites un jour, * Vous discourant l'amour d'une Dame estrangère. Qui marche quckjues fols en son rang la première, Quelle ne mcritoit de conduire l'Amour,

De s'amuser ainsi, peu discrette, à l'ontour D'un serviteur fascheux, déchassant- la prière D'autres bien plus galans, et que c'estoit se faire A soy et à rAmf)ur un tort et mauvais tour.

Mais pour s'estre choisie un galant et honneste

Elle pourroit alors emporter la conqueste

Du triomphe d'Amour, d'un honneur et grandeur.

De vous avoir choisy, doncques, pour ma De'esse En voulez- vous blasmer ma trop brave hardiesse, Puisque je veux cueillir de nostre Court la fleur ?

A MAISONFLEUR.

Puisque l'heur' me dit mal en nostre Court de France,

< . Brantôme a mis en prose son sonnet ou sa prose en vers, comme l'on voudra, car voici ce qu'on lit dans le premier Discours des Dames (t. IX, p. i 52) : «Retournant une fois d'un voyage de quelque province estrangère, que je ne nommeray point, de peur qu'on connoisse le sujet duquel je veux parler, et discourant avec une grand' Dame de par le monde, parlant d'une autre grand' Dame et Princesse que j'avois veue là, elle me deraaiul.i comment elle faisoit l'amour. Je luy nommay le personnage lequel elle tenoit pour son favory, qui n'estoit ny lieau, ny de bonne grâce, et de fort basse qualité. Elle me fit responce : « Vrayment, elle se fait fort grand tort, et à l'amour un très mauvais tour, puisqu'elle est si belle et si lionneste comme on la tient. » M. Lalanne, qui m'a fourni cette indication, me fait remarquer que, d'après la teneur du sonnet, si la dame et l'amoureux dont il s agit sont très-probablement Marie Stuart et David RLzzio, la questionneuse ne saurait être Catherine de Médicis comme il l'avait conjecturé.

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