‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 122 sur 181 · Jenî'en vois, je m'en vais · texte numérisé non relu

Jenî'en vois, je m'en vais

3. En tète de ce sonnet on lisait cette note qui a été biffée par BrantAme « C«8 quatre sonnets sont pour une Lonneste Dame qui ne se peut nommer. »

POESIES INEDITES. 423

Ce n'est plus moy, mais de moy l'ombre folle Qui à l'entour de voz yeux tousjours voile. Vous vous devez contenter '■ de mon sort.

Vous, Amans, qui avez juscfues au Ciel d'Amour Or' tristes, or' gaillars, desveloppé voz aisles De voz désirs, remplis de joycs immortelles. Si vous avez sentu ses sccretz, quelque jour,

Pour Dieu, ne desdaignez discourir à mon tour La joye et le plaisir qu'eurent ces âmes belles, Lorsque dedans leur lit, de si douces cordelles ^ S'entrelaçant si fort, n'estoient point à séjour.

Je ne puis, quant à moi, chétif et misérable, Vous discourir en rien cet heur si délectable. Le sort de mon amour est si fort malheureux

Que je n'en puis conter qu'une peine et tristesse Et un mal-traitement d'une rude maistresse. Je vis ainsi chétif, et vous autres heureux.

Qui a veu d'autres fois de cygnes un troupeau, Qui va paissant le long du sein d'une rivière Et flottant flanc à flanc d'une grâce guerrière, Or' s'égaye joyeux dessous et dedans l'eau;

Mais quand il voit du ciel de Jupiter l'oiseau Fondre d'un vol sur soy et d'une ongle meurtrière, Soudain, l'on voit changer cette joye première En un désordre gi-and et un soucy nouveau.

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