C. Fcir. Nous
7. Mlle de Charansonnet appartenait à une maison de Savoie, et mourut à Tours quarante-cinq ans. Voy. l'éloge que Brantôme fait de sa beauté et de sa vertu, IX, p. 769.
POESIES INEDITES. 427
Mon Dieu, que le malheur garde bien ma fortune Qui se joue de moy, si jamais elle sceut ; Car je suis pris d'amour, si jamais homme fut, D'une qui porte nom et beauté de la lune '.
Mais elle croit que c'est de quelque amour commune Qu'on porte à toute Dame. Ha ! plust à Dieu qu'elle cust Ouvert déjà mon cœur, après qu'elle cogneust Que ce n'est point cell' là, mais la seule amour d'une ;
Et si proteste bien de n'aller de'sormais. Amour, dessus ta mer, ny naviguer jamais, Sinon sous la faveur de cette seule Dame;
Et si je pers d'un coup sa grâce et sa faveur, Je me retire au port avecques mon malheur. Là je roms et deffais et ma barque et ma rame.
Vous, Amans qui courez un même fortunal Que, malheureux, je cours; qu'un chascun se retire Sous l'enseigne d'ennuy, de tourment, de martyre Qu'Amour m'a fait porter, sans regretter mon mal ;
Et si voulez sçavoir quel est vostre signal Pour vous faire venir, je m'en vois vous le dire : C'est au fou de mon cœur qu'incessamment souspire Et sanglotte tousjours pour trop aimer Montai ^ ;
i. Dans l'énurat'iation que Brantôme a faite (Vie de Catherine de Médicis) des dames et filles de la cour et où figure certainement celle à laquelle il adresse ce sonnet, je trouve cinq Diane : Diane de La Mark, duchesse de Nevers, qui se maria trois fois; Diane de Clermont, femme de Flory-Louis de Montlaur; Diane Babou, femme de Charles Turpin, seigneur de Montuiron ; Diane de Cossé, femme du comte de Mansfeld; et enfin Diane d'Estrées, femme du maréchal de Balagny.
2. Rose de Montai, une des filles d'iionnenr de Catherine de Médicis, était baronne de Roqueijrune et fut mariée à François d'Es -.n's, grand sénéchal de Guienne.
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Et s'il faut vous porter en ce combat des armes Quiltez-moy celles-là que portent noz gendarmes, Et prenez-moy ces dards qui me percent le cœur.
Mais si mon ennemy dans le camp vient descendre Qu'il vous veuille attaquer, ah! Dieu, il se faut rendre; Car d'un tel ennemy jjimais on n'est vainqueur.
Hélas ! je le croy bien, en voyant la beauté D'une belle Rouet qui porte sur sa face Portraite une douceur, une asseurée grâce, Avec un beau parler tout plain de majesté,
Hélas ! pauvre Roland *, alors que ta fierté Ton courage obstiné, ton horreur^, ton audace Te faisoient bravement aller de place en place Pour monstrer tes amours pleines de cruauté,
Si de ce temps Rouet eust embelli la France, Comme ell' fait aujourd'huy, je croi quêta puissance Pour l'amour d'elle seule eust bravigé ' les cieux;
Tu n'eusses pas esté à traverser l'Afrique Pour t'en aller servir ceste belle Angélique ; Rouet t'eust bien rendu autrement amoureux.