Var, Mon amoureuse
3. Les Bourdeille avaient pour couleur le blanc, le noir et le rouge. Le tanné était fort à la mode dès le commencement du XVI« siècle; Clément Maiot a <lit dans un de ses rondeaux :
Car le noir dit la fermeté du cœur, Gris le travail et tanné la langueur.
On l'appelait couleur du Roi. C'était un mélange, dans le tissage, de brun doré et de bleu d'un effet chatoyant.
Le jaune avait, à l'endroit des maris la même signification que de nos jours. Le vert était la couleur favorite de Catherine de Médicis; elle l'avait empruntée :iu vidame de Chartres qui méprisa son amour et dont elle se Tcngea cruellement.
43S POESIES INEDITES.
Et d'un soucy vous rudoyé sans cesse; Ce tanné brun qui vous est tant amer.
Rien ne vous sert si souvent de blasraer Vostre destin malheureux qui vous presse D'un fier tourment; la couleur qui vous blesse Vous la verrez en jaune se former.
Mais, je vous ])rie, que tout ainsi que j'aime Vostre tanné et que d'un amour mesme * Vostre soucy je sens tant que je puis,
Quand vous aurez le jaune en jouyssance,
Faites m'en part et ayez souvenance
Que, pour le moins, j'ay pleuré voz ennuis.
Deux veufves je cognois, toutes deux fort semblables, De grâce et de beauté et d'honneste maintien ; Mais elles sont, aussi, d'habits fort dissemblables Qui font que de leurs meurs ^ ne se semblent en rien '
L'une s'habille trop en Dame peu modeste, Car son habillement luy fait grand' deshonneur, L'autre s'habille aussi en Dame si honneste Que son seul vestement luy fait un grand honneur.
Baste, quoy qu'i en soit, si l'une est trop mondaine
En son habit lascif, elle est femme de bien ;
Et si l'autre a gaigné une gloire incertaine
Par son habit fardé, des meurs on n'en croit rien.
-i . D'un même amour.