‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 134 sur 181 · Ne se ressemblent · texte numérisé non relu

Ne se ressemblent

POESIES INEDITES. 439

A UNE DAME QUI m'aVOIT DIT QUE JE LA DESDAIGNASSK.

Celuy qui de voz yeux n'a point esté surpris Et qui en les voyant, libre, s'en peut distraire, Il a dans l'estomac un rocher solitaire, Il est grossier, massif, sauvage et mal apris.

Vous avez le regard de la belle Cypris Qui luit comme ce feu qui de jour nous esclaire, Vous n'avez rien en vous qui ne soit fait pour plaire aire mourir doucement les espritz.

Toutes vos actions, vos gestes, vos façons,

Ce sont de doux avatz *, des haims ^, des hameçons

Qui retiennent les coeurs par force volontaire ;

Bref, on sent mille mortz s'il vous faut esloigner ; Jugez donc, s'il vous plaist, comme il se pourroit faire Qu'estant parfaite ainsi l'on vous peust desdaigner.

J'ay creu et croy que tousjours la jeunesse A peu beaucoup à un bon serviteur Pour acquérir la grâce et la faveur, Et l'amitié de sa belle maistresse ;

Mais vous voulez le sens et la sagesse. Ce dites-vous, d'un vieillard abuseur Qui gaignera de vous ce point d'honneur Et vous lairra ^ pour secourir vieillesse.

-I . Aval, arrêt; terme de marine.

2. « Haim, dit Nicot, c'est un crochet de fil d'archal dont on prend les poissons à tout (avec) la ligne. Il s'appelle aussi hamess6n ; » du latin hamus,

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