Laissera
440 POESIES INEDITES.
Pcnsez-y donc ; un poulain de quatre ans Reçoit plus tost le frain parmy ses dens Qu'un vieux cheval qui fait de l'opiniastre.
Le vieillard veut du premier jour régner, Faire du coq et veut tout gouverner ; Les jeunes gens ne veulent que s'esbaltre.
Ne pensez pas que la trop longue absence De vos beaux yeux, Maistresse, ait le pouvoir De me tirer du service et devoir Qu'humble je dois à vostre souvenance ;
Ne pensez pas que jamais ait puissance Dessus mon cœur qui ne peut concevoir Que voz beautez, qui pourraient esmouvoir Un cœur de bronze a vostre obéissance.
Non, non; mon leu n'est pas un feu couvert,
Un petit feu espris en un bois vert
Qui meurt soudain, soudain s'on * ne l'atize ;
Le mien est prompt, meslé d'un amour vif Qui jusqu'à l'os me consomme hâtif.
Et sans amorce à mon ame surprise.
O quel malheur, quel tourment, quel martyre
D'estre né libre et n'avoir liberté,
Voir, en servant, la divine clarté
Du beau soleil pour lequel je souspire !