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A peine seau r oit-on le nom de Jupiter; Ou de celuy qui porte un trident pour ses armes, Ou de la sœur de Mars qui préside aux alarmes, Sans l'honneur qui nous doit à bien faire inciter.
Si Jupin n'eust rien fait que les Dames hanter. Il fut mort, sans renom, en courtisant les Dames ; Et sans l'invention des voiles et des rames \eptnne eust veu l'oubly sa mémoire emporter.
POKSIES INKOITES. 4",
Si Bellone eust filé, ne pratiquant la guerre, Et ses os et son los seroient couvert/ de terre ; Mais d'eux trois les hautz faits triomfèrent du sort.
Heureux qui suit leur trace et qui, brave, s'achète Une gloire qui n'est au cours du tems sujette, En |)réfprant l'Iionneur à la crainte de mort.
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Dedans son sein Nature concevoit Une grandeur dont la grandeur veincuo S'abbaisseroil, pour jamais n'estre veue Chose pareille à ce qu'elle connoit.
A tel dessein, tout ce qu'elle sçavoit De rare et beau, estoit devant sa veiie, Et les grandeurs dont la grandeur congneiie Aux plus grands Dieux esgallé les avoit.
Lors, vous naissiez, quand le ciel favorable
Aidoit Nature à vous rendre admirable
De tous ses biens pour le vostre assemblez ;
i. Gilles de La Tour rfe ïurenne, seigneur de Limeuil en Périgord, eut de sa femme Marguerite de la Cropte, trois filles : l'aînée dont parle Brantôme (VII, 393) et que le P. Anselme ne mentionne que d'après lui, sans donner son prénom, mourut fille d'honneur de la reine; sa sœur cadette Isabelle, aussi fille d'honneur de la reine, est connue par ses amours avec le prince de Condé, et enfin une troisièroi' Marguerite, fut mariée en 1575, à Jean d'Aubusson, seigneur de Villac. Je crois que les vers de Brantôme s'adressent à Isabelle dont le nom revient plusieurs fois dans ses ouvrages. Elle était très spirituelle et écrivit des pasquins. Celui qu'on fit sur son aventure :
Puella illa nobilis, Quse erat tam amabilis,
est des plus piquants. La chanson de Ronsard ; « Quand je vois ce beau printemps, » n'avait pas été écrite primitivement pour Marie, mais pour ni.idcninisel'! de Limeuil,
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Lesqiiel/, depuis ne s'estans joincts ensemble, Ont faict qu'en rien aucun ne vous ressemble, Et qu'en grandeur aux plus grands ressemblez.
Je ne suis pas de ces grands courtizans Oui se poussant d'une gentille audace Disent le mot avec si bonne grâce Qu'ilz ont le bruict * entre les mieux disans.
Mais bien je suis l'un de ces artizans Qui ont appris sur le mont de Parnasse A faire un vers qui d'aage en aage passe, Et n'ont peine de l'oubly ni des ans.
Par le moyen de telle privante'.
Ceux-là feront croistre vostre beauté, Si la beauté' croist pour estre servye.
Mais je feray, si le siècle advenir De mes escripts se daigne souvenir, Qu'elle vivra d'une éternelle vye.
A LA MÊME
Celluy qui a sa Laure tant aymée Que l'amour prist par mort accroissement, Chante d'amour la j^eine et le tourment Et la beauli,' qu'il a tant estimée.