Narde, nard
force cynamome d'Ethiopie, l'odeur et la sincérité^ duquel n'avoit point esté altérée ny gastée par l'attouchement des hommes qui l'avoient apportée d'où elle estoit née et sortie.
Ce fut, de vray, où Cœsar apprit premièrement à consommer et despendre par vaine superfluité les richesses qu'il avoit de longue main, qui çà qui là, amassées des despouilles de tant de provinces gaignées par luy. Si qu'il eut grand'honte en soy d'avoir jamais faict la guerre au Pompée, qui, par manière de dire, n'avoit pas ^ que son espée et son cheval de guerre ; qui, ne s'estant jamais soucié d'amasser thrésors, n'esloit pas digne pour sa pauvreté, que Caesar prist tant peine et travaux à luy faire la guerre au prix des biens, richesses magnificences et sumptuositez des Egyptiens, aprez lesquelz il pense désormais à trouver quelque juste occasion pour les tourmenter par les armes, et s'enrichir de leurs despouilles. A quoy ne tarda pas longtemps par celle que lui donna Photinus, qui luy dressa de grandes menées sur sa vie, luy donnant bien de l'affaire, et le mit à tel poinct de guerre, et à si extresme danger qu'il fut contrainct se jetter dans la mer, et se sauver à nage par grande merveille, comme le descrit trèsbien Lucain, où s'aydant de soy, de sa force et de son bon courage tant qu'il put, et de l'assistance que lui fit ce brave Sœva, l'un de ses plus renommez et favoris solda tz qu'il eust point, qui le secourut et le sauva là au besoin, comme ill'avoit sauvé aussy enEpidaure;