‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 17 sur 181 · Pas^ pas plus · texte numérisé non relu

Pas^ pas plus

dont il l'en debvoit bien aymer : ce qu'il fit, et n'en fut jamais ingrat. Quel malheur pourtant pour ce grand capitaine, qui naguières avoir faict trembler tout l'univers, d'avoir esté réduict à telle destresse par ce Photinus, homme de peu, qui, possible, n'avoit pas tiré deux fois son épée en toute sa vie !

Ces grandz capitaines ont ainsy de telz malheurs, et font de ces fautes pour n'y pourvoir : ainsy que très-bien luy avoit pronostiqué Cléopatre,que l'autre luy machinoit sa mort ; mais Caesar la lui rendit bien bonne et chaude, comme le descrit Plutarche, * et comme il laissa Cléopatre reyne paisible d'Egypte, ayant eu de lui un beau filz portant le nom de Césarion, qu'Octave puis amprès traicta fort mal ^ ; dont il eut tort, pour l'obligation qu'il avoit à son brave oncle.

Lucain ne toucha pas à cela, car il en demeure court à la fin de son livre X. Il dit bien une chose fort belle, où il traicte qu'aprez ce beau festin achevé, Caesar, pour mieux passer et allonger la nuict, il j3rie Achorée, le grand maistre de la loi d'Egypte, de luy discourir de l'ancienneté de sa région, de leurs dieux et de leurs cérimonies, de leurs lois, des mœurs du pays et façon de vivre du peuple, et surtout de la source du Nil, de son regorgement', et ressareraent puis aprez dans son lict. Ce qui est une très-

i. Cësar le fit tuer (Plutarque, César ^ ch. xiv).

2. Il le traita aussi mal que possible, car il l'envoya au supplice après la mort de Cle'opâtre (Plutarque, Auguste ^ ch. xxii).

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