Bienfaisant. Ronsard a dit de même : Alrne soleil
POESIES INEDITES. 479
Si l'Iiunihle vœu de ces amoureux vers Peuvent calmer ton ire vagabonde, Je te requiers que le ply de ton onde N'aille esfroiant * la beauté que je sers.
En ta foveur, sur le premier rivage Où reluyra l'honneur de son visage, Je te fais vœu de lever % chascun an,
Un autel sainct où ma lyre captive Ne sonnera, soubs le bruit de ta rive. Qu'elle et tes flots, l'honneur de l'Océan.
Las ! il n'y a rocher tant soit-il séparé ^, Ny mont tant reculé, ny forest tant déserte, Ny coupeau ' esloisgné, ny caverne secrète, Ny rivage lointain, ny bois tant retiré
A qui l'aspre tourment qui me tient exploré ^ N'ait monstre, quelquefois, ma peine descouvertc. Et qui n'ait plaint^ de pleurs, d'une complainte ouverte, Maintefois, en secret, avec moy souspiré.
Encor voy-je, souvent, cesSe pasle fontaine,
Que mes yeux, deux ruisseaux, débordent par la plaine,
Tellement distiller en larmes mon malheur
Qu'il semble qu'elle noyé la terre en marescage, Quand toy, plus dure qu'eux, d'un ostiné courage, De peur de te fléchir, t'enfuis de ma douleur.
i. Effrayant.