Foulée
484 POESIES INEDITES.
Dedans resfrny des [)his sombres destouis. Si tristement je pleure mes discours • Que toute fère ^ a frayeur de ma peine.
Mais tant ne puis ra'absenter ou doloir Qu'Amour, tousjours, ne la me fasse voir En fleur, en tronc, ou rocher ou fontaine.
GXXXIV
Tu es vrayment un Dieu, Amour, et non semblable
A un tyran félon, plein d'infidélité ;
Tu es vrayment un Dieu plein de divinité',
Et non, comme on te dit, enlant traistre et muable.
Quel supplice cruel seroit plus misérable Que celuy dont je sens l'ostinée cruauté, S'il n'y avoit dans toy une juste équité Qui compensast le mal d'un confort délectable;
Car tu fais, maulgré ïw'û de la jalouse envie, Que celle qui soustient le tyson de ma vie, A qui l'on ne permet de me voir et parler,
Sache, mais caultement, en évitant le blasme. Nourrir l'amoureux feu dont sa beauté m'enflamme Et d'un traict de ses yeux mon âme consoler.
Quant je vais contemplant vostre rare beauté Et les effects divins qui vous font admirable, Je ne vois rien mortel qui vous soit comparable, Ni dans le ciel lassus ^ qu'une seule clarté.
) . Ir !.iis ma j.l.iiiiîc.
-, l!('ic fauve, f<;ra, ■i. Là-haut.
Elle tient comme vous de hi divinité ; Elle esclaire le ciel; vous, la terre habitable; Son los est éternel, le vostre est i)ardural)le ; Elle veut vivre vierge et vous en cliastett' ;
Elle surpasse au ciel en clarté toutes flammes, Vous passez en beauté toutes mortelles Dames; Elle aime les forcst et vous ayme/. les bovs.
Le ciel vous a du tout à elle conformée,
Fors qu'au mont Carien elle ayma quelquefois,
Et vous n'avez vouloir d'avmer ni d'estre avm.'o.
A 1 \K DAMK OUI I'(»nTOlT l>OT II Ol VISI.
La seule mort Rompiii mon so^^.
Heureux celuy qui brasse une entropi'ise Sur celle-là de qui la seule mort Peut effacer son amour et son sort Si le cueur parle ainsi que la devise.
O plus heureux qui quitte l'entreprise De celle-là de qui la seule mort N'a effacé son amour et son sort ; Car les effectz n'ont suivv la devise.
CXXXVH
Roland ' perdit le sens, aimant une beauté ; Et je pense, au contraire, aimant devenir sa-^r Car j'aime, en vous aimant, une divinité, Et la divinité ne peut faire dommage.