CXXXVIII
C'est un grand cas que, j)our estre amoureux De la beauté d'une gentille Dame, Qu'on brusle ainsi de son ardente flamme Qu'on en devient tout à coup furieux.
Si pour aimer on venoit ' furieux, Talard - bientost, pour vostre beau visage, Brantosme aussi, sentiroient autre rage Que ce Roland tant ilz sont amoureux.
J'aime bien Chasteauneuf; aussi est-elle aimable, Pour avoir l'œil si beau et le parler si doux. Mais lorsque je vous vois autrement de'sirable. J'en oste mon amour et la mets toute en vous.
Ne faites point tant de la preude femme Pour n'avoir point sentu le trait d'Amour. Vostre beauté n'aura jamais le blasme De l'avoir fait seulement un seul jour. Celles qui sont belles et bien exquises Méritent bien un autre honneur que vous, Car elles sont cent et cent fois requises. Et n'en font rien. Parlez doncques plus doux.
Mais hélas"! si j'avois esgaré seulement Vos deux flambeaux des yeux et leur douce lumière. Il faudroit rechanger ma naissance première, Reprendie nouveau coui'S et nouveau sentiment.
i . Devenoit.