‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 168 sur 181 · f^ar. : Madame · texte numérisé non relu

f^ar. : Madame

POESIKS INKDITES. 487

Ah ! si mon œil la voyoit aussi bien Que mon penser, je quitterois l'Empire D'un Empereur; mais, s'il falloit eslire L'heur tout parfait, je voudrois l'austre bien.

Comme l'on voit souvent un corsaire de mer Qui, jeune et peu pratic se met à escumer, Avant que de ruer sa fureur et sa rage ' Sonde i)remièreraent son hazardeux courage, Ores sur une barque, ores sur un vaisseau Qui ne peut seulement souffrir l'effort de l'eau. Pillant et desrobant, faisant un grand dommage Sur le peu qu'il rencontre avec son advantage. Mais alors qu'il commence à ressentir son cœur Qu'il se voit esprouvé et qu'il cognoist son heur. Par trop audacieux il quitte l'entreprise De s'abaisser si bas, avec si peu de prise, Et trop bravasche et lier ose bien investir -, Sans avoir devant l'œil un fascheux repentir, Ou, soit que son bon heur ou son mal heur l'endure, Un plus brave vaisseau qu'il treuve à l'adventure. Hélas ! j'ay fait ainsi : car, lors que le menton Me commença frizer d'un folastre coton , Que, gaillard, j'entrepris me mettre à la campaigne Pour suivre de l'amour la cornette et l'enseigne, Avant que m'enfoncer plus avant aux hazards Où sçavent se ruer les plus pralics soudards,

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