F^ar. sa j)liis eitrêine r;igp
•i. Attaquer.
488 POESIES INEDITES.
Je vins à esprouver mon brandon et ma flamme, Faisant mon couj) d'essay sur une jeune Dame Qui, telle qu'elle estoit, me fit sentir mon cœur, Pensant estre pareil de tout autre vainqueur. Mais il advient souvent que du bien que l'on pense On n'en a que du mal pour toute récompense. Car un jour que l'Amour qui me voyoit gaillard, Monstrant un bon espoir d'un hazardeux soudard, Ainsi qu'il ordonnoit sa trou[>e encouragée, En un brave scadron ' en bataille rangée. Me choisit entre tous et me fit le premier Attaquer l'escarmouche en brave avanturier, Où je monstray à tous que ma guerre première Promettoit plus de moy : sans que La Guionnière -, Qui de son seul regard me vint à estonner, Et plus forte que moy me vint emprisonner. Qui me retint dix mois esclave de sa face, De son brave maintien et de sa bonne grâce, Mais une longue absence, un long temps, un séjour, Qui sont vrais médecins pour divertir^ l'Amour, Mirent hors de prison mon captivé courage, Luy remettant au prix sa liberté en gage. Ayant puis recouvert ma douce liberté.
Il ne me souvient plus de ce qu'avois esté Si longtemps en prison, moins encor' de la peine Qu'une telle beauté quelques fois nous ameine^ Et mieux que para vaut pour estre mieux apris, Pour estre plus rusé, je repren mes espritz. Je mets l'enseigne au vent et cherche faire guerre. Pour gaigner une Dame et non point une terre. Je rencontray Rouet d'un port audacieux, Qui me vint abaisser mon front si orgueilleux Et me monstra que c'est de faire une entreprise Sur une telle Dame en amour bien aprise ; Et qu'il est plus aisé, et tousjours l'a esté,
t. Escadron.