‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 18 sur 181 · Regorgement^ débordement · texte numérisé non relu

Regorgement^ débordement

belle chose à lire, que j'espère un jour, possible, faire veoyr en la version que j'en fairay, si j'en suis en humeur et en bon enthousiasme qui m'ayt bien saisy.

Fragment de la vie de François de Bourdeille^ père de Brantôme.

Préface ou lettre de Brantôme à son nepveu Henry de

Bourdeille^ chevalier de fOrdre^ conseiller d'Estat^ capitaine de cent hommes et ordonnance^ lieutenant-général y séneschal et souverneur de Périt'ord.

Vous voulez doncques, mon vicomte et cher neveu, sçavoir de moy, par la prière que m.' en avez faicte, aucuns traictz et faictz de la vie de feu M. de Bourdeille, mon père et vostre grand-père, afin de l'en imiter et mieux ressembler; et vrayment de bon cœur j'en metz icy la main à la plume, pour en racconter aucuns que je luy ay veu faire et ouy dire aux vieux qui l'ont veu et cognu; car j'estois fort jeune et de l'aage de sept ans quand il mourut *•

1. C'estj à ce que je crois, la jDremière fois que Brantôme parle d'une façon pre'cise de son âge. François de Bourdeille fit son testament le 28 janvier 1346, et mourut probablement peu de temps après. En tout cas, il e'tait mort avant le 9 avril 1549, puisque dans un contrat d'hommage de cette date, Anne de Vivonne figure comme « vefve de messire François de Bourdeille. » (Bibliothèque Nationale, Carrés manuscrits de d'Hozier, art. Bourdeille) . Brantôme ayant sept ans à la mort de son père, est donc né entre 1539 et 1542, mais probablement plus près de la première date que de la seconde.

Ce petit traicté doncques vous servira de sa représentation et image, que vous arregarderez quelquesfois, et y compasserez^ vos actions, lesquelles vous seront toutes louanges si les rendez semblables aux siennes, ainsy que j'espère que Dieu vous en fera la grâce, et aussy que je vois vostre semblance et naturel qui s'y rapporte fort, tant à l'air et traictz du visage qu'à aucunes façons, plus que tous nous autres quatre ses enfans, qui sont mon frère le capitaine Bourdeille, mon frère d'Ardelay et moy^, je dis en aucuns linéamens de visage et aucunes actions, car, pour la valeur et la vertu, il ne nous en eust sçeu rien reprocher s'il nous eust puveoyren la perfection de nosaageset valeurs. Il faut que nous vous vantions jusques-là ; et croys que son ame qui repose en paradis s'en est beaucoup et souvent resjouye.

Sur cela je brise, et m'en vais accommancer ce que désirez sçavoir, après vous avoir baisé les mains, mon vicomte et cher nepveu^ et asseuré qu'à jamais je vous suis un humble et obéyssant oncle.

BoURDEILLE.

Messire François de Bourdeille^ vostre grand-père, fut filz de messire François de Bourdeille, et de Ylaire du Fou, en Poictou.

Je ne m'amuseray point à vous racconter l'antiquité de la maison de Bourdeille, ny des hautz faictz et

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