Vais
496 POESIES INEDITES.
A vous donner tout autre traiteraeni, Vous sçavez bien si j'aimay loyaument.
— Ouy, je le sray, aussi pour récompense Ne demandiez que de voir ma présence, De la servir, l'honorer seulement.
Je l'ay permis et non pas autrement.
— Aussi je n'ay aspiré d'avantage Que de jouir de vostre beau visage ;
Car voz beaux yeux me rendoient plus heureux Qu'un bien présent ne rend les amoureux.
— .Te n'ay esté, aussi, si rigoureuse De vous priver de cette veue heureuse ; Car de me voir vous avez eu cet heur, Tant qu'avez eu quelque bonne couleur.
— Je vous dy donc un adieu lamentable, Puisque mon œil est si fort misérable Qu'il ne vous voit, comme il a d'autres fois Que vous estiez sous de fascheuses lois.
— Pour lors j'avois perdu toute l'attente Du bien présent qui me rend si contente, Et désirois sous l'amour me ranger Pour finement d'un autre ^ me vanger.
— Or, donc, heureux cent fois dire je m'ose De vous avoir servy de quelque chose ;
Si, pour le moins, quelque gré m'en sçavez. Ou mort ou vif pour serviteur m'avez.
— Ou} , je vous sçay et bon gré et vous ayme D'un bon vouloir et d'un amour extrême ; Mais je ne puis vous veoir si privément.
Car aujourd'huy l'on parle extrêmement.
i . Far. : d'un marj'.
POESIES INEDITES. 497
STANCES FAICTES POUR UNE HONNESTE DAMK, SUK UN ENNUT QUI LLY