Se remettre y se rejeter
2. Il y a ici sans aucun doute une lacune dont les pre'cédents éditeurs ne paraissent pas s'êti'e doutés. Le passage oublié ou supprimé contenait probablement le récit d'une maladie, d'une aventure ou d'un accident dont les suites avaient été nuisibles à la taille de F. de Bourdeille.
vint sur l'aa^e : et luv-mesme le confessoit et s'en plaignoit, et que son père l'avoit voulu ostcr de là s'il eust pu trouver quelque lionneste excuse, ou qu'il eust osé; mais il apprit aussy que la reyne l'aymoit bien fort, ensemble et l'une de ses sœurs qu'elle avoit fille, mais elle mourut jeune à l'aage de quinze ans à la cour ; qui fut fort regrettée et du roy et de la reyne, car elle estoit l'une des belles filles de la cour, et la tenoit-on pour un petit ange, et du plus beau esprit, et qui disoit et racontoitdes mieux. Elle fut enterrée à costé du grand autel des Cordelliers à Paris, et en ay veu le tombeau engravé de bronze : mais lorsque l'église des Cordeliers se brusla, il y a vingt ans^, il fondit tout, et n'en reste plus aucune vestige. Elle s'appelloit Louyse de Bourdeille, et le roy estoit son parrain, et l'aymoit si très-tant, que, à l'aage de liuiet ans qu'elle fut menée à la cour, le roy la trouva si belle, si jolie, et qui causoit des mieux, qu'estant petite garse *, l'espace de trois ans il la faisoit quasy ordinairement manger à sa table quand la reyne n'y mangeoit, et la faisoit causer, si bien qu'il l'appelloit son petit perroquet^ etluy faisoit ainsy passer le temps. Mais quand elle fut grandette, il la mit sur la sagesse et la réputation; car, à un enfant ou fille, il est bien séant de dire et faire tout; mais, quand on vient sur l'aage, il ne faut pas faire toujours l'enfant. Si faut-il que je fasse ce conte d'elle^ :
1. L'église brûla en 1?)80. C'est donc en 1600 que Brantôme écrivait ceci.