Zuj bailla-il, M. de Montpezat lui bailla
Antoine de Lève. Et puis, quand la Savoye fut conquise, il fut faict gouverneur et capitaine du chasteau de Montmélian. Voylà son advancement par le moyen de mon père, lequel ne l'appelioit jamais que grand vilain pendard, non qu'il ne fust de très-bonne maison, mais parce qu'il estoit grand, gros, puissant et fort comme un vilain. C'est assez pour le coup parlé de ses libéralitez, jusqu'à une autre fois. •
Quand l'entrevue du roy François et roy Henry d'Angleterre se fit à Ardres^, mon père s'y trouva, où il V eut de grandes magnificences, et surtout de joustes et tournois. Madame la régente^ luy fit commandement exprez de n'entrer en tournois, et luy deffendit la jouste, soubz peine de grande dësobéyssance, et principallement contre le roy son filz, bien qu'il fust un des bons hommes d'armes de son royaume; mais mon père l'estoit bien plus, et souvent en avoienl faict la preuve, et s'estoient essayez et tastez ; et madame la régente craignoit qu'il ne le fist chancelier et quitter l'estrieu, et par ainsy qu'il en eust receu une honte devant une si belle assemblée.
Geste deffense fascha fort à mon père, car il se vouloit fort faire paroistre pour tel qu'il estoit. Au pis aller, ne pouvant mieux, et les mains luy démangeant, il se mit un jour sur les rangz, et comparoist sur un de ses mulelz de coffre', et avecques ses son-