‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 34 sur 181 · Louise de Savoie · texte numérisé non relu

Louise de Savoie

3. Mulet de coffre^ mulet servant à porter les coffres, malles, etc.

nettes il fait trois ou quatre courses sur ledict mulet qui couroit bien, et rompt trois ou quatre lances d'une grande et belle force et roideur, et puis se retira. J'ay ouy conter cela à ma mère, qui lors y estoit et sur l'eschafTaut des dames qui arregardoient, que quand l'on vit entrer ce gendarme, et en tel équipage, et qu'on eut dict que c'estoit le seigneur de Bourdeille, elle en demeura si fort estonnée qu'elle se mit à rougir et demeurer un peu muette, et dire aprez qu'elle eust voulu avoir donné beaucoup qu'il n'eust ainsy comparu, de peur qu'il ne fist quelque faute. Mais quand elle vit qu'il eut si bien faict, elle se rasseura et se resjouyt bien fort, mais bien encor plus quand il y eut un grand Anglois, fort et puissant gendarme, qui esbri?nloit tous nos François; et luy fut commandé par le roy et madame la régente d'aller parler un peu à lui. 11 monta soudain sur un grand coursier fort et alla à luy. De la première course il le fit cbanceller et luy faict toucher la lice; de la seconde, il le porta par terre tout à trac, dont le inonde s'en esbahit fort, car il estoit l'une des rudes lances de l'Angleterre; et à mon père resta une grande gloire.

Et, pour ce, le roy Henry* le prit en si grande amytié qu'il ne le voyoit pas à demy', et le mena avecques luy en Angleterre pour un mois, passer le temps ; là où il le menoit souvent à la chasse des oyseaux et des chiens; et parce qu'il vit que les siens n'estoient pas des bons, ny pour la perdrix, ny pour

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