Comply^ accompli
Les roses u'ont qu'un jour, qu'aussy tosl ne fanissent. Ainsy jeune je suis la proye de ce temps.
l'oncle.
Mon Dieu, qui m'ostera de vostre longue absence Le soucy que j'en porte et porteray tousjours? Mou Dieu ! je ne voy point aucune apparoissance De pouvoir donner joye à mes langoureux jours.
LANIEPCE.
Cher oncle, vous avez ma très-honneste mère, Et mes trois bonnes sœurs des quatre ayant esté. Mes frères et ma fdle, en leur ame très-chère Vous ont toujours aymé, et grand honneur porté *.
l'oncle.
Vous dites vray, ma niepce. Aussy j'en prends créance. Qui est le mescroyant qui n'en veut s'asseurer? Pourtant je veux en moy avoir la souvenance De vostre belle idée', et tousjours l'honorer.
LA NIEPCE
Le voulez- vous ainsy ? Puis donc que la première,
Cher oncle, je m'en vais au Champ Elysien,
Je feray là pour vous quelque bonne prière ;
Et, quand vous y viendrez, nous en causerons bien.
l'oncle.
Et cependant je vis en despit de ma vie. Je vis les jours si longs, malheureux que je suis, Que vous debviez survivre^! Hé! faut-il que l'envie Me retarde le bien qu'à bonheur je poursuis!
\ . Les sœurs de Mme d'Aubeterre sont mentionnées plus haut, p. 69, note. Ses frères étaient Henri, comte de Bourdeille, et Claude de Bourdeille, baron de Mastas. — Sa fille unique, Hippolyte Bouchard, fut mariée en 1397 à François d'Esparbez de Lussan qui flevint maréchal de France sous le nom d'Aubeterre.