C'est-à-dire : les jours que vous deviez vivre
LA NIEPCE
Mais bien mieux, mon cher oncle, afin que puissiez vivre Encor plus longuement, vivez très-bien vos jours : Vivez encore les miens, ne vous pouvant survivre. Sans aucuns longs travaux, ni peines, ni détours*.
l'oncle.
Puis donc que le voulez, je m'en vay donc contraindre A ce vivre fascheux; mais ce n'est pour autant Que parfournir* mes jours à vous tellement plaindre, Que je vis seulement vous seule en regrettant.
LA NIEPCE
Pour Dieu, mon très-cher oncle, achevez' vostre plainte ; J'en sens en moy troubler ma joye et mon repos , Pour vous voir si dolent, j'en sens mon ame atteinte. Ce n'est ce que demande un corps icy enclos.
l'oncle.
Adieu doncques. Madame. Ainsy que je vous donne Mes larmes et mes pleurs, je voudrais vous donner Mes yeux pour ne voir plus, sans que je leur pardonne, Pour vous pleurer sans cesse et rien qu'un deuil mener.