Il en avait huit
4. Cet autre cousin de Coutures est Pierre de Beaupoil de Sainte-Aulaire , seigneur des Coutures et de Celles , fils de Marguerite de Bourdeille, tante de Brantôme, dont il était par conséquent cousin germain. Il eut pour femme Catherine de Laurière, dame de Lanmary. L'un de ses fils (le dernier mort), Antoine, épousa en 1584 sa cousine Jeanne (et non Marie) de Bourdeille, petite-fille de Gabriel des Bernardières, oncle de Brantôme. Il en eut Marc-Antoine (le petit M. des Coutures) et Claude, femme de N. seigneur de la Martonie de Puiguillon.
sçavoir, MM. de Bernardières l'aisné et de Coulures, mes deux cousins germauis. De ce maryage ilz en ont le petit M. de Coutures, qui est aujourd'liuy jeune homme, et sera un jour fort riche, et une sœur maryée avecques M. de Puvguillon d'aujourd'huy.
La seconde fille de Bourdcille, dicte Marie de Bourdeille^, sœur encore aisnée, voire puisne^e de mon père, fut maryée en Limosin avecques M. le baron de Maumont, grande et riche maison. De là sortit M. de Maumont dernier mort*, mon cousin, en qui finit le nom de Maumont, d'autant que de ce maryage ne sortirent que deux filles héritières de Maumont; l'une, l'aisnëe, maryée avecques M. de Charlus, grand et riche seigneur d'Auvergne; et l'autre maryée avec le comte de Canillac, seigneur et baron du Pont-du-Chasteau en Auvergne. Aussy de ladicte madame de Charlus, ma niepce, fille de mon cousin germain M. de Maumont, est sorti M. de Charlus qui est aujourd'liuy^, qui a espousé une des filles du sieur de [LudeJ, ma propre parente, comme j'ay dict cy-dessus ; et, pour ce, le mary et la femme sont mes
1. Anne (et non Marie) de Bourdeille, femme de Charles de Maumont.
2. Brantôme saute encore ici une ge'nération. Jeanne, fille de Madeleine de Coulonges et de Jean de Maumont (fils d'Anne de Bourdeille et de Charles de Maumont), épousa (1559) Claude de Lévis, baron de Charlus, et sa sœur Jeanne, dame de la Roche, se maria (1562) à Jean de Montboissier, vicomte de la Motte-Canillac, seigneur de Pont-du-Château.
3. Jean-Louis de Lévis, comte de Charlus, marié (1590) à Diane de Daillon du Lude, fille de Gui deDaillon, comte du Lude, et de Jacqueline de la Fayette. (Voyez plus haut, p. 91, note 4.)
nepveu et niepce à la mode de Bretaigne^ comme plusieurs que j'ay nommez cy-dessus. Je ne sçay pas bien si madicte niepce de Cliarlus la mère a eu d'autres filles. De madame la viscomtesse de Canillac, ma niepce aussy, et sœur de madame de Charlus, sont sortis trois braves et vaillans §entilzhommes, et pour tels réputeZj qui en ont faict de belles preuves, et par le tesmoignagiie du roy mesme. Sont sorties aussy deux filles, l'une, etl'aisnée, maryéeavecM. de Forças du Limosin près de Saint-Bonnet, et l'autre à maryer^
Or, de ma tante et mon oncle de Maumont, outre les enfans masles, car il en a eu un jamais maryé, qui fut un des sçavans hommes de France^, duquel M. de Ronsard parle, sortirent deux filles : l'une, la belle et gentille Maumont, nourrie à la cour, qui fut maistresse de M. le Dauphin empoisonné, de laquelle fut faicte la chanson : Brunette suis, jamais ne seray blanche^. Elle fut maryée avecques M. de Penacon,
1. Mme de Canillac eut quatre fils: 1° Jean-Claude, vicomte de la Mothe ; François, seigneur de Mastres ; Henri, tige de la branche de Pont-du-Château, et Gabriel, tige de la branche d'Hauterive ; 2^ deux filles : Françoise, mariée au seigneur de Fossan (le texte de Brantôme dit Forças), et Marie, qui épousa Maximilien de Lamer, seigneur de Mathas.
2. Jean de Maumont, érudit. Il a traduit, entre autres, les œuvres de saint Justin, 1338, in-f°. On a voulu lui attribuer la traduction de Plutarque par Amyot. — Je ne doute pas que Ronsard n'ait parlé de lui, comme le dit Brantôme, mais je n'ai pas pu retrouver dans les œuvres du poète (1623, 2 vol. in-f*) le passage où son nom est prononcé.
3. Voyez tome III, p. 174. Je n'ai pu trouver le prénom de « celte gentille Maumont. »
dont est sorti M. de Penacoii*, mon nepveu, qui est aiijoiird'huy, qui futmaryé avecques mademoiselle de Couzoges, fille de M. le président Ruffignat* et gentilhomme, une très-belle et très-honneste damoiselle; duquel maryage sont sortis trois enfans, braves et vaillants gentilshommes comme le père et grand-père, et les ayeulx. L'autre fille de Maumont, sœur de madame de Penacon, fut maryée à la maison de Montaignac; duquel maryage n'est sortie qu'une fille, belle et riche héritière, maryée despuis peu avecques le filz de M. de Montbas qui est aujourd'huy'. Voylà l'alliance de la miaison de Maumont et celle de Bourdeille.
Il y a aujourd'huy madame de Montluc, fille héritière de feu M. de Montsalès et madame de Montsalès en premières nopces, car en secondes nopces, elle fut remaryée avecques M. de Guychy'. Geste madame de Montsalès et Guychy estoit la seconde fille de M. d'Estissac et de madame d'Estissac, de la maison du Lude, cousine germaine de ma mère (car madame la vidasme de Chartres estoit l'aisnée, qui mourut sans enfans), et elle a eu dudict maryage et de M. de Montsalès ceste fille tant seulement, que
1. Ce nom est écrit dans l'édition de 1740 Penacor et Pennacon.
2. Christophe de RoflGgnac, 2^ président au parlement de Bordeaux, puis président aux enquêtes au parlement de Paris.
3. François Barthon, vicomte de Montbas, épousa en secondes noces (4 août 1596) Jeanne de Beinac (?), veuve de Jean de Montagnac en Périgord (Cabinet des titres, dossier Barthon).
4. Guychy^ ceci est une faute d'impression ou une mauvaise lecture du manuscrit de Brantôme. Il faut lire Quélus. Voyez la note suivante.
j'ay dit cy-dessus ; laquelle en premières nopces fut maryée avecques M. de Sainet-Sulpice tué à Blois par le viseomte de Tours, duquel eut deux filles. L'aisnée est maintenant maryée avecques M. le duc d'Usez, et l'autre à maryer, deux fort riches héritières de la maison de Sainct-Sulpice, comme est aussy celle de Montluc, que ma susdicte niepce a eu de mondict sieur de Montluc estant maryée avecques luy en secondes nopces. La dicte fille ne sçauroit avoir encor que douze à treize ans*.
Je ne veux point mettre icy nostre alliance avecques celle de Savoye et de Nemours ; car ce sont de grandz princes avec lesquelz nous n'oserions comparer nyparoistre. Si est-ce, mais qu'il ne leur déplaise, si je ne sçaurois nyer que Claude de Pontièvre n'ayt estée cousine germaine de feu M. le senesclial de Poictou, feu mon grand-père, messire André de Vivonne. Cela se trouvera très-bien aux histoires et annales d'Aquitaine et aux généalogies des deux maisons,
1. Toute cette généalogie est assez compliquée. La voici exposée plus clairement : Louis, baron d'Estissac, eut deux filles de sa femme Anne de Daillon. L'aînée, Jeanne d'Estissac, fut mariée à François de Vendôme, vidame de Chartres ; la seconde, Suzanne d'Estissac, épousa : 1° Jacques, seigneur de Balaguier et de Montsalez; 2" Antoine de Lévis, comte de Quélus. Elle eut de son premier mariage une fille Marguerite de Montsalez, mariée : l» à Bertrand d'Eberard, seigneur de Saint-Suplice ou Saint- Sulpice, tué en duel dans la cour du château de Blois, le 20 décembre L'j76, par Jean de Beaune, seigneur de Semblançay, vicomte de Tours; 2° (la89) à Charles de Montluc, petit-fils du maréchal. Elle eut de son premier mariage deux filles : Claude, femme d'Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès, et Suzanne qui mourut jeune; et de son second, une fille qui fut mariée (1606) à Antoine marquis de Thémines.
laquelle dicte de Pontièvrefutmaryëe avec Philippe II, due de Savoye, qui fut maryé deux fois : la première avecques Marguerite de Bourbon, et la seconde avecques caste Claude dePontièvreque je dis, cousine de mon grand-père; duquel maryage sortit Charles, qui fut le neuviesme duc de Savoye, et troisiesme de ce nom, après son frère Philibert du premier licl, et Philippe, duc de Nemours, ayant épousé une fille d'Alençon'. Ce Charles doncques, troisiesme dunom, a été neuviesme duc de Savoye, fils de Philippe, septiesme duc, du second lict, succéda à son frère, luy desfaillant masles, par quoy ce Charles, qui eut Emanuel-Philibert, dixiesme duc de Savoye et premier de ce nom, pourroit estre nepveu, à la mode de Bretaigne, de mon grand-père, à cause de sa cousine germaine Claude de Pontièvre ; en quoy faut adviser ce que nous pourrons estre à M. de Savoye et à M. de Nemours aujourd'huy. J'en fis unjouraudict monsieur de Savoie, Emanuel- Philibert, ce discours, et plus à plein, à Turin, en son jardin, tous deux seulz, parce que madame de Savoye luy avoit dict que j'avois cest honneur de luy appartenir; mais, pour cela, je n'en metz pas plus gros pot au feu, et n'en lève pas ma bannière plus haute; car les princes sont si glorieux qu'ilz desdaignent tout le monde, et leur semble à tous qu'ilz
sont tous sortis d'un grand sang et Dieu sçait !
Je ne fais pas plus de compte aussy de M. de Montpensier d'aujourd'hui^, duquel la mère estoit fille de
1. Lisez : d'Orléans. Philippe de Savoie, duc de Nemours, fut marié à Charlotte d'Orle'ans-Longueville.
2. Gabrielle de Mureuil, femme de Nicolas d'Anjou, marquis de
madame la marquise de Mezières, cousine de mon père, à cause de messire Guy de Mareuil, son père, lequel estoit cousin germain de mon grand-père, à cause de sa femme Marguerite de Bourdeille, maryéeà Mareuil. Les alliances en sont encor peintes en la salle de La Tour-Blanche, aux vitrages.
Mon grand-père eut aussi une sœur, qui fut maryée en la maison de I^a Rochandry% et sœur de madame de Lauzun, ma grand'tante ^, de laquelle j'ay parlé cy-devant, d'oii sortit une fille qui fut maryée avecques le père de M. de Lanssac le bonhomme, dernier mort'. Aussy sommes-nous alliez aujourd'huy à M. de Lanssac et son filz. De M. La Rochandry sortit en maryage madame la comtesse de
Mezières, eut pour fille Renée d'Anjou, marquise de Mezières, qui épousa François de Bourbon, duc de Montpensier.
1. Adrienne de Bourdeille, mariée à Humbert de la Roche- Andry, seigneur de Clan en Saintonge.
2. Sœur de madame de Lauzun^ ma grand tante. Il y a ici double erreur, soit du fait de Brantôme, soit du fait de ses éditeurs. Françoise de Bourdeille, mariée en 1484 à Jean Nompar de Caumont, baron de Lauzun, était sœur d'Arnaut II de Bourdeille, arrière-grand-père de Brantôme 5 elle était donc arrière grand'tante (et non grand'tante) de celui-ci ; et de plus tante et non sœur de Mme de la Roche-Andry, dont il est parlé dans la note précédente.
3 Louis de Saint-Gelais, seigneur de Lansac, mort en 1589 et que Brantôme désigne habituellement sous le nom du bonhomme Lansac, avait épousé en premières noces (1545) Jeanne de la Roche-Andry, fille de Philippe, baron de la Roche-Andry, et de Jeanne de Beaumont. Lu pli rase ambiguë de Brantôme doit donc s'interpréter ainsi : M. de Lansac le bonhomme, dernier mort, père de M. de Lansac qui vit actuellement (Gui de Lansac, mort en 1622).
La Chambre^ maryée en Savoye avec le comte de La Clhambre*, que j'ai veu nourrir fille de madame de Savoye en sa cour, où M. le comte de La Chambre l'espousa. Je ne sçay s'il en est sorti des^nfans. Je ne parle pas aussy de madamede Mercœur', laquelle est descendue de ce comte de Pontièvre, cousin germain de mon grand-père, M. le séneschal ; et pour ce, nous sommes fort proches.
Si faut-il parler un peu des alliances de Laval et de feu M. l'amiral de Chastillon. M. de Laval fut maryé en secondes nopces. Il espousa une fille du Lude, fille de Jacques de Daillon, niepce de ma grand-mère et sœur de j\L du Lude, dont j'ay parlé cy-devant\ Deceste fille du Lude sortit une fille qui fut maryée avecques M. l'amiral de Chastillon dernier mort duquel estoient sortis MM. de Chastillon, mort au siège de Chartres, et d'Andellot, les deux frères, dont l'un est mort et l'autre vit, et madame la princesse d'Orange leur sœur. Mondict sieur de Chastillon espousa une fille de Péquigny, vidasme
1. François de la Chambre, marié à Isabeau de la Roche- Andry.
2. Marie de Luxembourg, duchesse de Penthièvre, femme de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur.
3. Gui XV, comte de Laval, eut d'Antoinette de Daillon du Lude une fdle, Charlotte, qui fut la première femme de l'amiral de Coligny, et la mère : 1° de Louise de Coligny, mariée en premières noces à Teligny, en secondes noces à Guillaume, prince d'Orange; 2° de François de Châtillon, mort en lo91 ; 3" de Charles, marquis d'Andelot, mort en 1632. — François de Châtillon épousa, en lo81, Marguerite d'Ailly, de la maison de Péquigny, dont il eut Henri, comte de Coligny, mort en 1601, et Gaspard de Châtillon, mort en 1646.
d'Amyens, duquel sont sorlis M. de Cliastillon, tué dans Ostendc, et son second frère qui porte le mesme nom. Madame la princesse d'Orange, maryée
en premières nopces / et en secondes nopces au
prince d'Orange, duquel a eu le petit comte de Nassau ', qui est en Flandres, brave et généreuse race, certes, s'il en fut oncques, et grand dommage qu'elle se perde, si elle ne se renouvelle par M. de Cliastillon qui est aujourd'huy, s'exposant pourtant à tant de hasardz tous les jours, desquelz Dieu le préservera, s'il luy plaist, pour ne perdre la race de ces bons haras si nobles et valeureux.
Je ne compte icy non plus MM. de Byron ; car il y a long-temps qu'une fille de Bourdeille fut maryée à Byron, ny M. de Lanssac, la mère duquel est sortie de La Rochandry, et sa grand-mère de La Rocliandry estoit sœur de mon grand-père, comme le lesmoignent les lettres qui sont au thrésor de nostre maison.