‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 58 sur 181 · Est-ce la balance oii S. Michel pesait les âmes · texte numérisé non relu

Est-ce la balance oii S. Michel pesait les âmes

nelle oubliance; car, par-dessus loules les nations du monde, le François est celuy qui a tousjoursle mieux faiot. A ce propos, il m'eschappe de raconter une histoire remarquable, qui mérite d'estre escoutée. Le seigneur de Gondras', de Londe et de Magny, grand et riche seigneur au pays de Borbonnois, qui a espousé la fille de feu M. le capitaine de Sainct- Giran, frère du grand maistre de l'artillerie, M. de La Guyche, est maistre d'une belle et forte maison, qui s'appelle Veuvre*, aux frontières du Charolois, de laquelle estoit sortie sa mère, portant ce nom de de Veuvre. En la grande sale de ceste maison seigneuriale se voit une belle et grande peinture à huyle, remplissant toute une muraille, d'un brave chien de chasse qui appartenoit à son grand-père maternel, gentilhomme grand veneur^ : lequel chien se monstra si brave et courageux en un jour, qu'ayant attaqué une matinée un fort grand loup-cervier, et l'avoir estranglé, et au sortir de ce combat sortant du bois tout ensanglanté, après avoir receu plusieurs lardasses* des deffenses d'un sanglier qui estoit poursuivy par quelques autres veneurs qui n'estoient de la meute de son maistre, sur lequel il se jetta, et duquel il vint à bout avecques l'ayde qu'il eut, et duquel il eut la curée : l'après-disnée, se trouvant

1. Philibert de Serpens, seigneur de Gondras, marié (1588) à Marguerite de La Guiche, fille de Claude de La Guiche, comte de Saint-Géran (mort en 1392), et de Suzanne des Serpens, dame de Chitain.

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