Aterrer^ terrasser
3. Sauvagine, la bête sauvage, le louj3-cervier, dont il vient d'être question.
4. Dagade, coup que le cerf donne avec son bols. Daguet^ comme on sait, est le nom donné au jeune cerf.
o. Charoppier, faut-il lire cliarostier, mangeur de charogne?
content de cela, fit bravement peindre et portraire son chien, selon sa grandeur, retournant de la chasse de ces trois bestes faulves, à la paroy d'une des quatre murailles regardant son lict, ensemble quelque escriture au pied : histoire qui se voit et lit encor par tous ceux qui fréquentent léans. Ce récit m'a esté faict en ceste année 1593, estant en Forest', en la maison du capitaine Cozeau, oncle du susdict de Gondras; et me fut nommé le nom du chien par plusieurs fois, qui, pour s'estre monstre si brave, ne debvroit jamais périr, non plus que de celuy qui, aux Indes occidentales, du temps des Pizarres, alloit à la chasse des Indiens et tiroit paye de soldat hespaignol, qui estoit toujours le premier qui commencoit la charee.
Je veuxdoncques dire que, sans ceste peinture, la mémoire de chose si remarquable seroit périe, qui, sans faute, mériteroit d'estre rédigée bien au long par escrit avecques ses circonstances ; comme aussy la gratitude du maistre, qui vivoit encorl'anlSôS, doit estre célébrée.
Il en a esté de mesmes de ceste belle histoire qui est peinte sur le manteau de la cheminée de la grande sale du chasteau de Montargis"; car, sans la peinture, elle seroit ensepvelie pour jamais. Voylà pourquoy les Suisses et Allemands sont si fort curieux des peintures par toutes leurs villes. J'ay demeuré dans le canton de Soleurre, et ay veu les parois, murailles et frontispices de plusieurs maisons peintes, regardant
1, Dans le Forez.
2. L'histoire fabuleuse et bien connue du chien de Montargis.
sur les grandes rues, comme est entre autres la maison du colonel Tocquenet, qui a faict peindre toutes les battailles où il s'est trouvé, tant avecques le roy François au grand nez, que contre luy et Henry second son filz, où sont représentées des particularitez que les historiens ne j)ourroient jamais spécifier ou particulariser en telles journées. Et de faict, rarement la peinture se peut falsifier. Le marquis de Marignan a faict aussy peindre en une belle sale de son chasteau toutes les battailles où il s'est trouvé, vivant Charles le Quint. Cela a esté grandement louable en luy. La peinture et les chansons sont les gardeurs^ tant de la mémoire comme de l'histoire. Et sans m^ peinture qui est dans la maison de Veuvre, il y a piéça* qu'il ne se parleroit plus d'une chose si remarquable, qui mériteroit, non un Fouilloux^ pour la descrire, ains un autre roy Charles neufviesme, qui mourut trop tost de par Dieu, qui, si luy vivant eust eu notice de ceste histoire, allègrement en eust voulu prendre la peine et le plaisir, pour la mettre en beaux vers françois, tant il aymoit la noblesse de ce mestier; jouxte qu'il estoit bon gendarme et bon poëte, qui avoit composé un livre de la chasse en fort beaux vers de sa langue ^
J'ay dict tout cecy à cause de l'histoire qui représente un combat qui est peint sur verre aux vitres de la sale du "chasteau de Brantôme, qui fut édifié par