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sorte que si elle se fut remaryëe, estant en l'aage de trente-sept ans, et pour porter encor force enfans, ceux-là qui sont aujourd'huy si riches et aysez, n'auroient pas mille livres de rente. Je n'en plains que leur peu de reeognoissance en mon endroict, et mesme de l'aisné', dont je laisse à Dieu la vangeance, lequel je prie qu'elle soit petite et légère, car je luy pardonne.
Une chose y a-il : c'est que, par le premier testament de madame de Bourdeille, paroist comme elle me recognoist quatre mille deux cens escuz, par moy prestez à elle, comme de vray le sont estez par plusieurs fois qu'elle avoit affaire, sans jamais avoir voulu prendre céduUe ; car, aussy tost qu'elle me demandoit, aussy tost prest, comme quand mes nepveuv allèrent en Italie et y demeurèrent. Une autre fois que je luy prestay cinq cens escuz pour payer ma sœur de Bourdeille', et la jetter hors de la maison, qu'elle ne faisoit que l'importuner du reste de son total payement, et oncques puis ne l'avons veue. Je prestay aussy trois cens escus pour mon nepveu le viscomte, pour aller faire son serment à Bourdeaux de son estât de séneschal de Périgord. Le petit Chabanes qui vit encor, les vint prendre et toucher des mains du sieur Laurentio à Brantôme, que nous y allasmes disner exprez, mondict nepveu M. le viscomte et moy, partant de Bourdeille ; de sorte que, sans cet argent et diligence que nous y fismes pour y aller, possible n'eust-il faict là si bien
i . Henri de Bourdeille.