Madeleine de Bourdeille
ses affaires, pour des raisons qui se disoient et s'allëguoient pour lors, que je ne veux dire.
Et d'autant que le codicille que fît, puis aprez son testament premier, madicte dame de Bourdeille à Arcliiac, sans que j'en sceusse jamais rien, sinon après sa mort qu'on le me fit scavoir, dont j'en fus fort estonné, car elle me disoit et conféroit de plus grandes choses, voire tous ses premiers secretz, elle le fit pour^ l'advis du sieur Dumas, lequel y fit mettre ceste clause et article, que madicte dame désire que lesditz quatre mille deux cens escuz tournent aprez sa mort à M. le viscomte, son filz aisné, et à sa maison. Ce fut doncques ledict sieur Dumas qui en minuta ou en fit faire ledict contract, estant lors prez d'elle, et ce, pour faire son accord avecques mondict nepveu, d'autant qu'il l'avoit persuadé et poussé à luy laisser quelques rentes proches et commodes àluy,etdu tout ennoblies, dont madicte dame . fut fort en colère et mal contente contre luy, comme je le vis, et contre son filz, M. le viscomte, pour l'avoir faict sans son sceu, qui n'estoit non plus content dudict sieur Dumas de l'avoir ainsy abusé et trompé: et, pour ce, ledict Dumas, pour faire son accord avecques Madame et son filz, fit mettre ceste susdicte clause et article dans ledict codicille ; ce qui me rendit fort estonné quand je vis ce codicille et article aprez sa mort, et de quoy il m'avoit esté ainsy celé et caché; de sorte que quasi j'entray en doubte si ledict codicille estoit vray ou faux, et si le suis encor ; dont je m'en rapporte aux consciences des