I.EMQUi
qui estoit d'amoureuse coniplexion, et aymoit lorl à faire l'amour et aller au change, V, 342.
Chanteplcure , arrosoir. Il (François I"i l'en arrousa (Bonnivetl en forme de chantepleure de jardin. IX, 712. Cf. VII, X\0.
Chapitre y statut. Or, il y a un poinct, en nostre France, observé jadis estroictement, que parmy les chapitres de l'ordre du roy, les chevalliers dudict ordre ne peuvent envoyer ny accepter cartel, VI, 462.
Charger, revêtir, prendre. (M. de Bure mourant) chargea son collier et son grand manteau de l'ordre (la Toison d'or) avec un riche bonnet à la polacre, I, 3ir>, Le commanceraent dudict mareschal (de Raiz) fust qu'il eust quelque charge de commissaire et clerc des vivres... et puis chargea l'espée et fut cornette du petit M. de Fayguyères, V, 141.
Charier^ porter. L'ordre du Sainct-Esprit n'a esté traisné et charié que par personnes la plus grand' part plus basses que hautes, VI H, 112.
Charité, méchanceté, médisance. Ayant grand sujet (Grutfy) de penser que ce fust quelque partie jouée de quelque ennemy de cour, pour luy donner quelque venue ou de mort ou de charité envers le roy, IX, 241. Encor que le roy l'eust tenu (Brissac) et pris prisonnier dans Fallaize..., luy disant quelques parolles de charité et d'opprobre, VI, 149.
Charnppier . Je n'ai trouvé ce mot nulle part. A-t-il été estropié par l'imprimeur? .le n'en sais rien. Dans le passage suivant, le seul où je l'ai rencontré (et qui n'est point de Brantôme) , il semble signifier chercheur de charogne : Il (un chasseur) ne voulut jamais permettre que la charogne (de son chien) fust portée à la voyrie, pour estrc déchirée des chiens charoppiers ou bien des corbeaux, X, MO.
Chastienr^ qui châtie. .Te pense bien que ces grands chastieurs de séditions..., VII, 152.
Chatonnière ^ chatière. Et d'autant qu'il se trouva une chatonnière .\ la porte, IX, 549.
Chaud et couvert (la rendre à quelqu'un), lui rendre la pareille. Le seigneur dissimula pour ce coup, mais depuis, en temporisant son martel, la luy cuyda rendre chaud et couvert, IX, 504.
Chaudasse, de complcxion amoureuse. Par ce brocard le donnant bon à la mère, qui estoit chaudasse, IX, 156.
Chaude-colle ou mieux cholle^ sur le moment de la colère, de l'emportement, de la passion. (Le mot cholle est bien probablement le grec -^oh], bile.) J'ay leu... qu'il (Pescaire) ne vouleust se présenter au roy (François P"" prisonnier), ni luy faire la révérance, à mode de plusieurs, sur la chaude-colle, I, 186, note 2.
Chaumable, chômable. Le bon simple curé estoit tenu tous les
dimanches leur (à ses paroissiens) annoncer les festes de la
sepmaine chaumables, III, 135.
Chaumer^ chômer. M. d'Espernon ne chauma point et luy faict la guerre à telle outrance que..., VI, 432.
Chelme, coquin, de l'allemand schelm. Je l'ay faict desdire, comme chelme qu'il est, devant chacun, X, 118.
Chemin (faire son), continuer sa route. Les huguenotz ne veulent que faire leur chemin, sans s'amuser ny entendre à battaille ny combat, VI, 244.
Cher (tenir), garder précieusement. Il ne me verra jamais que je ne soye plus honneste homme que ne suis ny ne serois, si je voulois le croire et me faire tenir cher dans une boëte pleine de cotton comme une relique, X, 39.
Cherborijcherbonnierj charbon, charbonnier. Unze cens maistres, cherbonniers pour fayre cherbon, II, 298.
Cherebaud^ bail avantageux? Avecques aussy le petit pré auprez de la rivière que j'ay mis maintenant en un cherebaud, X, 156.
Chétif, misérable. V. Flasque. — Chétifverie^ misère. V. Paouvretté .
Chevaleureitx, de chevalerie. Galeazzo de Mantoue luy fist veu (à la reine Jeanne) d'aller errant qui çà qui là parray le monde et esprouver les faitz chevaleureux à tous hasardz, VIII, 176.
Chevalleresse ^ femme de chevalier, IX, 3o4. Voy. Baronnesse.
Chevance, richesse. N'eust-il pas mieux vallu pour elle de traitter cette vie en bombances, magnificences, chevances et honneurs...? IX, 427.
Chevauchenr de cuyssinetz (coussinets), envoyé, ambassadeur. Luy (Biron) qui n'avoit jamais traicté grandes affaires aux pays estranges, ny moins esté ambassadeur... comme un M. de Lansac... et autres chevaucheurs de cuyssinetz..., V, 149.
— « Il faut (à la cour), dit H. Estienne (p. 528), sçavoir en un besoing appeler un simple postillon monsieur le chevaucheur. »
Chevir, venir à bout. Il (don Carlos) menassoit, il frappoit, il
injuroit; si bien que don Rui Goniez n'en pouvoit chevir,
II, lOo.
Chevir de..., disposer de... Quand elles (les Carthaginoises)
virent leurs marys, leurs frères ne pouvans plus chevir de
chanvre, de lin, ny de soie..., IX, 422.
Chinfreneau, coup it la tête. Il dit qu'il n'eut jamais les mains
engourdies ; qu'il fait largesse de taloches et chinfreneaux,
Chiquenauder ^ donner des chiquenaudes. II veut bien que l'on sçache qu'il a la teste si prez du bonnet, qu'il ne pourroit jamais endurer qu'on luy fist la part..., qu'on luy menast le festu par la bouche, qu'on le lamponnast par trop, qu'on luy chiquenaudast le bout du nez, X, 116.
Circuire, entourer, investir. M. d'Aunous... s'alla jetter dans Poitiers... en despit de l'ennemy qui le tenoit tout circuit et environné, VI, 59.
Citadin, hôte assidu, qui fréquente assidûment. Mais pourtant en ay-je veu force de ces dévottes et patenostrières mangeuses d'images, et citadines ordinaires des églises, IX, 582.
Civilité, chose polie. Voyez quelle vertu avoit une telle beauté et telle grâce, de faire tourner ung barbarisme grossier (il s'agit de la langue écossaise) en une douce civilité et gratieuse mondanité, VII, 407.
Clair, pur. Au reste, qui est le bon, il (F. de Chastillon) estoit homme de bien et de claire vie, craignant Dieu, VI, 203.
Clair (à), clairement. Voy. Ouvertement.
Claquade, claque. Voy. Plamussade.
Claqueter, claquer. Elle les claquetoit et fouettoit sur les fesses, IX, 285.
Claustré^ cloîtré. D'autres disoyent qu'on le devoyt avoir
mis moyne en une religion, bien claustré et renfermé, VIII, 131.
Clergesse, habile, savante. Et s'il faut prendre advis pour ce sujet d'une courtizanne qui a esté des plus fameuses du temps passé, et grande clergesse en son mestier, qui estoit Lamia, IX, 529.
Clostral, claustral. Il (François I") trouva meilleur de récompenser ceux qui l'avoient bien servy de quelques abbayes et biens d'église, que les laisser à des moynes clostraux, III, 108.
Clouer, fermer, claudere. La ditte fleur (le souci) se tournant
212 LEXIQUK.
de toutes partz là où il va (le soleil)...., s'ouvrant aussi ou clouant selon sa hauteur ou basseur, VIII, US.
Cloyse, indilicatif pre'sent du verbe cloujrr pour clouer (voy. ce mol), IX, 267.
Clitchier, clocher. (Les petits hommes) voudroient fort estre toujours montez sur des cluchiers pour parler de plus haut, VII, MO.
Cndempner^ condamner. Pensant.,, que j'estois là arrivé à propos, et avois pris la poste exprès pour me produire à jour nomme' là, pour luy servir de tesmoingt et juge, et la codempner en ceste cause, IX, 668.
Cogitation, pensée. Il fut dit et commandé à M""' la duchesse de Valentinois, sur rapprochement de la mort du roy Henry... de... n'entrer plus en sa chambre, autant pour ne le perturber en ses cogitations à Dieu que pour inimitié qu'aucuns luy portoyent, IX, 448.
Cogiter , penser, Voy. Pourpenser.
Cognoissant, reconnaissant. Je pense qu'il (La Noue) n'eut lo} sir de luy estre cognoissant (à Guise) ; car le pauvre prince \-int à estre tué à Blois, VII, 228.
Cognuy reconnu. Et là dessus croyez si elle n'estoyt pas (Jeanne de France) bien au vray sa famé (de Louis XII) et très bien cognue, VIII, 102.
Cohersion, châtiment, coercitio. Si quelque femme avoit estée surprise en adultère, les Romains la punissoient, non par la cohersion du crime qu'ell' avoit commis, mais par plus grand embrazement de paillardise, V, W.
Coigner, pousser (dans un coin). André Dorio, l'ayant (Dragut) là accullé et coigné qu'il n'en pouvoit jamais sortir sans sa miséricorde , car il n'y avoit nulle porte derrière, ny apparance, II, oo.
Coinct, coint, gentil, aimable. Le pays de Basle produict
force personnes et choses bonnes, mais non pas les femmes si advenantes, coinctes et agréables comme les autres pays, VI, 204. En cela, il pouvoit avoir double plaisir ; le second à la contempler souvent devant le monde en sa mixte (voy. ce mot), cointe mine, froide et modeste, IX, 237.
Coissin, coussin. Une couronne mise en son chef dessus ung coussin de drap d'or, VII, 322.
Coissinet, coussinet. Il (Brusquet) le faict accommoder (un
cheval de Strozzi), avecqu'une selle de poste et un coissinet, II, 248. Cf. Chevaucheur.
CoUbct, quolibet. Comme un petit colibet que j'ay leu d'autres fois, IX, 32.
Co//é? (chaude-) . Voy. Chaude-colle.
Colléré^ colère. De quoy le dict marquis (de Pescaire) fut si colléré etdespit qu'il en escrivit à l'empereur une lettre bravasche, I, 225. Cf. IV, 366.
Colleré (pour coloré), spécieux. Soubs un faux et colleré nom de constance, II, 376.
Colliger, recueillir. Sur ces exemples précédens, il faut colliger et notter une chose, VI, 371. Cf. ibid., 360.
Collocution^ colloque jCoUocutio. (Catherine de Médicis) s'esmaya (voy. ce mot) à quoy pouvoient tendre tant de menées, parlemens et collocutions qui se faisoient en secret, VII, 3a6.
Comédient , comédiente , comédien , comédienne ; de l'italien commediante . On dict qu'il (le cardinal de Ferrare) despendit en la représentation de cette tragi-comédie plus de dix mille escus, aiant fait venir à grands cousts et despens des plus excellens comédiens et comédientes d'Italie, III, 256. Voy. Varéabk.
Commant, commentaire ; en espagnol comento. Voy. Converser.
Comme ^ aussi bien que. Les dictz muletz estoient pour servir à tous offices de la maison du roy comme pour sa chambre..., paneterie de bouche comme de commun, pour garde vaisselle de bouche comme de commun, II, 301. Voy. Commun.
Comme y que. Mais pourtant le tenoit-on (d'Aumale) malheureux ; et n'a point donné pourtant de subject de luy donner ceste qualité comme la deflaicte que fit sur luy le marquis Albert de Brandebourg, IV, 281.
Comment^ comme, combien. Si nos roys eussent eu et tenu tel/ respectz de parolles au Grand Seigneur, comment l'empereur en eust faict son proffît et s'en fust mocqué, V, 61.
Commettre^ remettre. J'ay donné toutes mes clefz.... à M, Coustancie pour les bien garder.... jusques à ce qu'il les ayt commises fidellement entre les mains de madicte dame la comtesse, X, 153.
Commun, homme du peuple. Et n'y a si commun qu'en luy monstrant la tour (de Nesle) seulement, et en l'interrogeant, que de luy-mesme ne le die, IX. 24 't.
Zik LEXIQUE.
Commun (le), bas-offices da la maison du roi et des princes.
Voy. Comme.
Commune (gens de), gens du pays. (Les Espagnols) allarent deffaire environ quatre ou cinq mille Zellandois de commune qui les attendoient sur le bord, VII, 12.
Commune (à la), à la façon ordinaire, I, 43. Voy. Genette.
Compagnée, compagnie. Il n'y eust pas un en la compagne'e qui ne louast et estimast infiniment ceste beauté, VII, 344.
Compassément^ d'une manière compassée, posément. Plusieurs (Italiennes)... (le) conduisent en leur marcher si sagement, discrètement et compassément, qu'il (leur pied) ne passe jamais devant la robbe, IX, 325.
Compasser, régler, conformer. Ce petit traicté doncques vous servira de sa représentation et image que vous arregarderez quelques fois et y compasserez vos actions, X, 31.
Compatible^ sociable, facile à vivre. Son frère (le comte de Brissac)... est plus compatible et de plus douce humeur, VI, 4S2.
Compatir, s'accorder. Si ne se peurent-ils (le dauphin et le duc d'Orléans) jamais bien compatir ensemble; car M. d'Orléans vouloit un peu trop s'advantager, III, 184. Cf. V, 141. VI, 182.
Compétance, compétition, rivalité ; en italien competenza. Ce brave roy (Antoine de Navarre) et M. de Guyze contendoient si très fort ensemble en compétance de gloire, IV, 371.
Complainte, plainte, doléance. De quoy en ayant fait sa complainte à une sienne grand' dame favorite, IX, 283.
Complexionné , qui est d'une certaine complexion, d'une certaine humeur. Il y a plusieurs de telz complexionnez qui, de leur naturel, ne sont pas trop hardys..., mais veulent estre mastinez, poussez, menassez et contrainctz, et après ont le diable dans le corps, IX, 24.
Complexionné (mal). Oudin rend ce mot par mal appris, mal instruit. La plupart (de l'infanterie) n'estoit composée que de marautz, bellistres, mal armez, mal complexionnez, faictz-néantz, pilleurs et mangeurs de peuples, V, 301.
Complir, accomplir. Encor si vous eussiez comply quelque long aage, X, 83.
Composé (bien), en bon état. Je croy que si cette dame (Diane de Poitiers) eust encor vescu cent ans, qu'elle n'eust jamais vieilly, fust du visage, tant il estoit bien composé, fust du corps.
IX, 3o6. — Nous avons encore le verbe décomposer , avec le sens d'altérer.
Composeur, écrivain. Ainsi que vollontiers font les poètes et autres composeurs qui se plaisent à sopposer (supposer) de grandz objectz et les fayre acroyre au peuple affin qu'ilz en escripvent mieux, VIII, 170.
Compromis, promis. Madame Louyse de France avoit esté compromise à l'empereur Charles, VIII, 127. Cf. Ihid., 177. Voy. Escot [s^ abattre sur V).
Compte, conte, histoire. A Rome, la première fois que j'y allay où l'on m'en fit le compte, I, 71. Et par ainsi (les soldats de Bourbon) se mirent à cheminer, tous très délibérez de faire bien et mal, dit le compte, I, 263. Voy. Conte.
Computer^ supputer. Lorsque... nostre grand roy (Henry II) alloit ainsy triumphant parmi les entrées des belles villes de son royaume, quasy en mesmes temps, comm'il est aysé à computer, le prince d'Espagne... en faisoit de mesmes en ses belles villes de Flandre, III, 2o8.
Concaver, creuser. Les vents marins minent et mangent les pierres d'en haut, et les concavent plustost que celles du bas, IX, 344.
Conchiement, ennui, embarras. Nous autres gentilz-hommes, estans vieux et cassez, ne devons estre ambitieux; car nous ne servons en une armée ou en une court que d'importunité, ou empeschement ou concKiement, II, 87.
Condempner^ condamner. Voy. Codempner et Peys.
Condiction, humeur, naturel, manière d'être. Voy. Rompement.
Condictionné (mal), qui a un mauvais naturel ; de l'espagnol condicionado . Sigismond Malatesta, grand homme de guerre, certes, mais très mal condictionné, qui, ne se contentant de faire mille maux aux hommes, il s'addressa à ses propres femmes, II, 205.
Condictionner , soumettre à de certaines conditions, régler. Ainsi doit faire tout cœur généreux (dans les duels) et soubstenir son compagnon jusques à la dernière goutte de son sang, si n'estoit que le camp fust esté condictionné, ainsi que les Espaignols condictionnèrent le leur.... contre les François, VI, 317.
Condigne, digne. Et disoit bien plus (une courtisanne) que
cette dame lui devoit faire un beau présent et condigne de sa peine et de son sallaire, IX, 53. Cf. VIII, 176.
Condignement ^ dignement. Le roy (Henri II) l'honnora fort (d'Essé).... et le récompensa bien condignenient, III, 390.
Condition que (en), en sorte que. Et là elle se prostitua à luy en condition qu'elle en engroissa, IX, 28o.
Confidant, affîdé. Le baron (de Vitaux) donc le soir entra (chez du Gua) avec trois de ses lyons. Ainsi appelloit-on ses conlidans (jui luy assistoient en ses résolutions et entreprises meurtrières, V, 3.J.J.
Confidant, personne en qui l'on a confiance, qui est chargée d'une mission de confiance (entre autres dans les affaires de duels). Voy. Content.
Confuier (se), avoir confiance, se fier. Le roy (François P"") dès lors le prit en amitié (Montpezat) et se confida tant en lui qu'il l'envoya vers madame la régente, III, loi.
Congrégation, réunion, assemblée. Voy. Falloir.
Conille, femelle de lapin (Voy. Connil). D'autres (femmes) y
a-il dont les jambes sont si grosses qu'on en diroit le gras
estre le ventre d'une conille qui est pleine, IX, 274.
Conjoinction, conjonction. Et par ainsi elle désire conjoinction de celluy qu'elle a fait seigneur de sa pensée, IX, 534.
Conjuré (être), être l'objet de conjuration. Voy. Attenté.
Connil, lapin, cuniculus. Des poches de furet à prendre des connds, III, 108.
Conniller, courir comme un lapin, s'esquiver, chercher des
faux-fuyants. Biron le fit (le roi de Navarre) fort tenir en
cervelle et conniller, et faire plus du cheval léger que du roy, V, 143. Luy (Bellegarde) ores planant, ores connivant, et ores connillant, et amusant la reyne de belles paroUes. Jbid, 203.
Connivance, dissimulation. C'estoit à luy (Charles-Quint) à bien se revirer et deffendre par faintises, connivances et teraporisemens, III, 169.
Conniver, dissimuler. L'empereur luy (au duc de Savoie) manda qu'il se gouvernast à l'accoustumée, en connivant, sans autrement se déclairer ny pour l'un ny pour l'autre, II, 141. Voy. Conniller.
Conquerreur, conquérant. Que le monde sçache que jamais des Romains ny des Grecz , grandz conquerreurs de réaumes et de terres, il n'y en a eu de tel (que Barberousse), II, 67.
Conquister, conquérir; en espagnol cnmjuistar. L'estat de Milan qu'il (le marquis del Gouast) deffendit très bien, voire conquista sur nous au Piedmont, I, 202.
Consente, conspiration, consensio, (Ce) qui fit penser qu'ils estoient tous de la consente de La Molle et Coconnas, III, 363.
Consente (être consente ou de), être complice. Aussi M. de Duras n'eust eu garde d'en estre de consente (d'un guet-apens), pour estre seigneur d'honneur et de vallcur, VI, 32o. L'histoire (du meurtre de Darnley) en est imprimée et escripte, mais non au vray pour l'accusation qu'on a suscité à la reyne d'y avoir esté consente, VII, 421.
Conséquemment , à la suite. Et conséquemment marchoit le grand escuyer de la dicte dame (Anne de Bretagne), VII, 319.
Conséquent (par), par conséquence. Mais au bout de quelque temps que le père (Cosme P') vint à mourir, par conséquent le mari la fit mourir (Isabelle de Médicis), IX, 12,
Conserver, voguer de conserve, II, H 6. Voy. Réalle.
Consesque (faute du manuscrit, pour corsesque), zagaie ; en italien corsesca. Ils (les gladiateurs, à Lyon)... combattirent premièrement à armes différentes, à sçavoir une consesque ou zagaye contre une espée à deux mains, III, 250.
Considératif, réfléchi, qui prend en considération. Feu M. de Guyze estoit en tout considératif, IV, S6. Vaudroit mieux... aller avec un' harquebuz ou une picque en la main, que manquer à son devoir, ny que d'estre ainsy considératif et appréhensif de ses commodités, III, 341-342.
Considération, prudence. Ainsi qu'illuy arriva (àAlviane) à la bataille d'Agnadel... qu'il (où il) donna et chargea furieusement sans considération, II, 190. Mon frère qui estoit jeune et sans aucune considération, IX, 339.
Considéré, sensé, prudent. (Alviane) estimé plus vaillant, hardy et hasardeux que sage, considéré et provident, II, 190.
Considérer, faire attention, avoir égard. Ainsy que madame leur très-sage mère le vouloit et leur commandoit et considéroit^ X, 141.
Consommer à quelque chose (se), s'y ruiner. Le roy (Henry II) s'est adonné aux dames , mais de s'y estre consommé, nullement; autrement il n'eust sceu fournir à si grandes despenses, III, 24o.
Conte. Ce mot avait au XVI* siècle les deux sens actuels du mot histoire. Ce conte est très véritable, IV, 238. Voy. Compte.
Conte, comte. Le conte (de Bure).,, fit appeller les deux plus grandz amis qu'il eust, I, 314.
Conte, compte. Voy. Envazzé.
Contendant, prétendant. M. du Gua mort, il y eut force brigueurs et contendans à ceste charge honnorable, V, 360.
Contendre, rivaliser. Ces clairs flambeaux accompagnoient ceux des yeux de ces belles dames, et contendoient quasy ensemble pour faire feu et clarté de toutes partz, III, 258. Cf. IV, 371.
Contendu, prétendu, réclamé. Par quoy ilz (nos rois) laissarent le tout, comme chose non jamais advenue, contendue, ny songée seulement, V, IH.
Content^ comptant, immédiatement. Les parrains et confidans de l'autre (il s'agissait des conventions d'un duel) furent si impudens qu'ils disputèrent ce faict et le vouloient prouver par raisons, mais ils le perdirent content, VI, 293.
Contenter (se), se tenir pour satisfait. Il (un soldat) va louer fort M. de Guyze qui, après avoir tué son ennemy M. l'admirai, s'estoit contenté, IV, 38.
Conter^ compter. Je luy donneray tousjours le passe-temps de luy descoudre son harnois..., voyre loisir de conter, à la clarté de si belle chandelle, toutes les pièces de sa fripperie, une par une, X, 117.
Contester (se), se disputer. L'un et l'autre ad visèrent à
s'accorder aussitost ensemble, et, comparoissant devant la reine, de dire que ce n'estoit qu'en jeu qu'ils se contestoyent ainsi, IX, 488.
Contine, petite comtesse. Voy. Baronnesse.
Continue^ continuité. Ainsi que nous autres courtisans avons accoustumé de faire pour le premier assaut de l'amour; quoy qu'il tarde, avec la continue nous l'emportons, IX, 330.
Contrainct, persécuté. Il n'y a ligue ny association si ferme ny si obstinée que celle qui se faict pour la reUgion et mesmes pour une nouvelle et contraincte, IV, 3od.
Contrarier^ faire le contraire. Ceste dame avoit raison de me tenir ces propos, puisqu'elle n'y contrarioit point et ne les dissimuloit par effect, IX, 153.
Contrariété y contradiction. Et par là voyez-vous les contrariétez, VIII, 53.
Contrecarre ^ contresquarre ^ o\t^o%\iion ^ résistance (de carre ^ visage. Voy. ce mot). Ah! qu'il u eu belle peur que j'entrasse dans sa ville et que je luy fisse contrecarre à son authorité ! III, 3o8. Cf. VI, 464.
Contrefaire quelque chose , en faire semblant. Autres très grandes dames et grandes princesses j'ay cognu, qui tous les jours s'amusant en leur cabinet à fayre escrire ou contrefayre, pour mieux dyre, en faysoyent de bonnes aveq leur segrétayres,
Contregarder , être préservé de J'ay une abbaye, celle de
Brantosme, dont le titulaire..., sous mon nom, a contregardé toutes les guerres des huguenots que jamays ilz n'y ont fait mal,