II, 1S
Trouver à dire^ avoir h dire, regretter. Voy. Dire.
Trufle, truffe. Il y en a bien force autres (fruits).... auxquels les dames courent le plus souvent..., comme aux asperges, aux artichaux, aux morilles, aux trufles, IX, 221. Voy. Blanque et Menusaille.
Tu autem (savoir le), connaître une chose par expérience. Aucunes qui en sçavoient le tu autem.... disoient, ou par timidité ou par hypocrisie... ; « Ah! Dieu nous en gard ! » "VII, II.
Tuer la chandelle^ l'éteindre. Après que le ministre avoit fait son presche, sur la fin leur recommandoit la charité, et incontinent après on tuoit leurs chandelles, IX, 162.
Tuition^ protection, tuitio. Tous (les protestants) se rangearent soubz la tuition, autorité et obéissance de M. l'admirai, IV, 3S5.
Turquet, turquois^ turc. Il (Henri III) s'estoit mis en verrue d'aymer de beaux petitz chiens de Lions (de Lyon) et lurquetz et autres, V, lOo. Cf. VII, 350. Voy. Verrue.
Umbragé^ couvert, voilé. Et quelques fois en la chambre de la reyne (un cordelier) prenoit un grand plaisir de l'arraisonner (Mlle de Bourdeille) non de motz d'amour pourtant, car il y fust allé du fouet, mais d'autres motz umbragez tendant à cela, X, 35.
Umbrager, porter ombrage. Le soir venu (l'impératrice, à Marseille) ne failloit d'aller coucher en gallères, pour quant le
beau temps ou le bon vent s'esleva, tout au coup faire voyle aussitost, ou fust qu'elle ne vouloit rien umbrager, IX, 606.
UmbrageuXj effrayé. Le cheval de M. de Nemours, s'approchant de celuy du marquis, fust umbrageux de ces papillottes qui luy donnoient aux yeux, IV, 17o.
Un (1), un seul. Au cas que jusqu'à la nuict l'une bande n'eust peu vaincre l'autre, et n'en demeurast-il que l'un à cheval, le camp seroit fmy, VII, 178.
Un (tout vient à), tout revient au même. Tant d'autres (tableaux) y a-il.... qui sont un peu plus modestement peints et voilez mieux que les ligures de l'Aretin ; mais quasy tout vient à un, IX, 50.
Urine de quelqu'un (voir 1'), faire connaissance avec lui. Le pape Jules dernier.... fit une fois venir à soy la bande de gli matti et passarelli.... et en voulut aucuns voir de leur urine, V, 153.
User (s'), être en usage. Voy. Nunce.
Facadon, vaccation^ profession, interruption, vacance. Pour son devoir de son estât et vacation, il (un cordelier) l'en advertissoit (un grand prince, des amours de sa femme) de bonne heure, afin qu'il mît ordre à cette âme pécheresse, IX, 131. La pluspart des femmes.... disans.... qu'elle (la nature) leur a donné des membres... pour en user..., ne leur deffandans ni imposans plus qu'aux autres aucunes vaccations, Ibid.j 538.
Facqiiant, vacance. S'il ne fust mort (du Guast), il fut esté raareschal de France par le premier vacquant, et ne fust pas esté des pires du trouppeau, V, 356.
Faisselle j vaisseau; en italien vascello. Nous vismes pendre un enfant de la matte.... qui avoit dérobé six vaisselles d'argent de la cuisine de M. le prince de la Roche-sur-Ion, IX, 463.
Faleureux^ digne, noble. Son père (Strozzi).... dist qu'il luy (à son fils) pardonnoit et luy pardonneroit quand il en pourroit prendre davantage (de l'argent), mais que ce fust pour un si valeureux subject, VI, 85.
^a/otr, avoir. Aussi est-il raison qu'un bienfaict se paye par une autre bienfaict ; mais d'y apporter (dans ses amours) et consommer tout son valoir, cela est très reprochable, III, 245.
Faloir^ mériter, être digne. M. d'Estrozze.... aymoit le gen-
tilhomme (Brantôme) autant que soy-mesmes, car il le valoit, VI, 169. Mademoyselle de Changy, une très belle et fort honneste damoyselle, et qui ne valloit pas d'estre bannye de la compaignie de sa maistresse ny de la court, IX, 639.
Vanteur^ vantard. Le coup loy en demeura (à Châtillon) si sourd et si dangereux, que n'en faisant de cas et ne gardant ny lict ny chambre, car il n'estoit autrement vanteur de court, au bout de quelques jours le mal longtemps couvé vint à jouer son jeu, VI, 205.
Varéahle^ variable, changeant. Les grandes dames et princesses sont aussy varéables en leur foy que les hommes, et quasi tous et quasi toutes la changent et diversifient aussi souvent qu'ung come'diant ne change d'habitz en un eschafaut, I, 124.
Variant^ changeant, inconstant. La reyne Jehanne (de Naples) mourut aprez de fiebvre et de maladie, ayant règne' vingt ans; c'estoyt beaucoup pour ces temps et parmy ceste nation fort variante, VIII, 192.
Varier^ sortir. Il luy faschoit fort (à Guise) d'ouyr ainsi parler et de'tracter d'un si homme de bien que M. de Montluc, et pour ce coup varia de son naturel, IV, 30.
Variété^ inconstance, variabilité. Par là Marc Anthoine louoit sa constance et blasmoit la variété de l'autre (Auguste) d'en aymer tant au coup (à la fois), IX, 247. Cf. VIII, 204.
Varon, seigneur ; en espagnol varo. La fortune prist en main don Gaston de Foix, varon de admirable vertu, III, 9, note 3.
Fastadnur^ pionnier; en espagnol gastador; en italien g^w^^tadore. Y avoit cent quarante grosses bombardes..., vastadours ou pionniers, selon nous autres d'aujourd'huy, II, 298.
Faxiller^ vaciller, hésiter. Ils luy respondirent (des magistrats
à l'Hospital) si impertinemment qu'ils ne faisoient quevaxiller
et ne sçavoient que dire, III, 308.
Feillaquerie, coquinerie ; de l'espagnol hellaqueria. Et dist (le duc de Savoie) que les soldatz espaignolz en une si grande multitude (en aussi grand nombre) n'avoient erré jamais, ny fait telle veillaquerie que celle-là (de se renier), VII, 16.
Veille^ action de guetter, d'épier. Il (Vieilleville) eut un très grand honneur à la conservation de sa ville (Metz), sur laquelle n'a jamais mancqué de veilles ny d'entreprises, V, 70.
Veiller^ surveiller. M. de Salvoyson.... avoit.... gaigné quelques
uns de ceste ville (Casai) qu'il avoit rauguete'e et veille'e de longtemps, IV, 107.
P^éné/îque^ vénéneux; en espagnol venefico. Un autre curé, détestant les sorciers qui se donnoient au diable pour avoir des poisons et morceaux vénéfiques, V, lo3.
Veneur^ chasseur. En la grande sale.... se voit une belle et grande peinture à huyle.... d'un brave chien de chasse qui appartenolt à son grand père maternel (de Gondras), gentilhomme grand veneur, X, 109.
Venir ^ devenir. Sur lequel piteux jeu (la défaite de son fils) arriva Charles (d'Anjou) qui, venant mallade de tristesse, despit et mélancolie, passa de cette vie en l'autre, VII, 445. Voy. Abrever.
Venir au but^ venir à bout. Combien que ce soit très-mal fait.... de désirer la femme mariée..., il est fort aisé de venir au but d'elle, IX, o32.
Venteux^ plein de vent, de vanité. Voy. Boubance.
Ventiller^ flotter au vent ; en italien ventagliare ; en espagnol ventilar, Hz (les Rochellois) furent maistres de nos trenchées quasi une heure et en raportarent dedans six enseignes et les plantarent sur leurs rampartz, à nostre veue ventillantes, pour nous braver, V, 324.
VenturCy aventure ; en italien ventura. Le seul capitaine Alançon.... s'enfuit sauve..., lequel, pour venture, seroit digne d'une louange singulière de prudence, si..., III, 407.
Venue, disgrâce, échec, désastre. Aussi, quelque temps après, Dieu permit qu'il (Lautrec) eust sa venue après qu'il eut perdu Testât de Milan, II, 222. A Novarre, où son armée (de Louis XII) là eut ceste grande venue, soubs la conduicte de M. de la Trimouille, II, 363. Voy. Tenir.
Venue, atteinte, secousse. Voy. Proposer. Cf. III, 267.
Venue (donner la), jouer im tour, défaire. Attendant (Prospero Colonna) le roy François de pied coy dans Villefranche, pour luy donner la venue, s'il eust peu, I, 145. Voy. Imposition.
Vénus, ardeur amoureuse. Toute gallante dame veut estre libre en sa parole et dire ce qui luy plaist, afin de tant plus esmouvoir Vénus, IX, 248.
Verecondie.^ pudeur, honte; verec.undla. Semblables à plusieurs vielles putains qui aiants estéez trouvéez et surprises sur le faict,
se voillent pour un peu du voyle rouge et de vére'condie, IV, H. Cf. VIII, 2o.
Verrue^ vcrve^ caprice, fantaisie. Ces verrues luy durarent quelques jours (à Hautefort) jusqu'à ce que le temps ayant faict son devoir à les faire à demy-passer, IV, 17. Le roy (Henri III) s'estoit mis en verrue (('«r/<7//;e ; en verve) d'aymer de beaux petitz chiens de Lions (de Lyon) etturquetz et autres, V, 104-105 et note.
— Le mot verve est ancien, dit H. Estienne, qui cite à ce propos des vers de la Farce de Pathelin (p. 115).'
Verser^ changer. Voylà comme la Fortune verse ses tours, ast'heure pour les uns, ast'heure pour les autres, IV, 218.
Verser (mal), mal agic. M. le baron de la Garde.... pour avoir mal versé, et un peu inconsidérément, en Provance, contre ceux de Merindol et Cabrères, encor qu'ilz fussent hérétiques, fut mis en prison, VI, 41.
Verve. Voy. Verrue.
Vesarde^ vezarde, frayeur. Fabricio (Colonna) fut fort blessé et pris prisonnier, non sans grand peur et belle vesarde qu'il eut
que Louis XIP ne iuy fist payer la menestre de sa révolte, I,