‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 99 sur 181 · Cf. V, 177. Voy. Fezarde · texte numérisé non relu

Cf. V, 177. Voy. Fezarde

Vespres de la mort (être aux), être au moment de mourir. Le voilà donc (Viteaux) aux vespres de la mort, car le roy et le roy de Poullogne crioient qu'il meure, VI, 333.

Vesse^ femme de mauvaise vie. Il (Don Carlos) les caressoit plus modestement, en leur disant qu'elles estoient fort gracieuses putains et vesses, II, 103. Cf. V, 249; IX, 117.

Veuily bon vouloir. Favorisé (La Chastaigneraie) des heureux auspices et veuilz de Henry II, VI, 272.

Vicinance^ voisinage ; en italien vicinanza. L'EspaignoI pour l'importance de la vicinance qu'elle (Valance) avoit près de Milan, la reprit et fortifBa, IV, 69.

Vidual^ de veuvage; en espagnol vidual. Madame la princesse de Condé.... s'estant pieu en sa condition viduale, sans jamais s'estre voulue remarier, IX, 646.

Vie^ nourriture, subsistance. Je vous prie de mettre sur mon testament que j'entendz qu'il ayt sa vie en ma maison tant qu'il vivra, I, 316.

Vie recogneuCy grâce de la vie que celui à qui elle a été accordée paie par un service. Voy. Recognoistre.

LEXIQUE. 38b

Vigier^ vizir, ^[ustaf^a bascha.... despuis fut premier vigier à la Porte du Grand Seigneur. . . , mais après désappoincté et disgratié, 11,64.

Vilanner (se), s'avilir. A plusieurs gallans hommes ay vcu d('sapprouver et s'estonner de M. de la Noue, qui a esté si bon manieur d'armes, ayt eu ceste opinion.... qu'il faille que les mains qui les ont maniées.... s'aillent souiller et vilanner par ua labourage et vil et sale mestier mécanique, V, 381.

Vilenaille (la), les vilains, le j)euple. Voy. EsLcvatcur.

Fillagoys^ villageois. Une fillaude villagoyse, ainsin qu'on la menoyt espouser à l'église aveq le tabourin et la flûte, IX, 560.

Fin (donner le), récompenser. Aussi luy donn.i-il bien le vin (Philippe II à un courrier) tant pour la diligence que pour les bonnes nouvelles qu'il luy porta, IV, 304.

Fin bourru. Suivant le Dictionnaire de Trévoux, le vin bourru « est du vin qu'on a jeté dans l'eau froide pour l'em[)êcher de bouillir, qui est doucereux et qui a encore toute sa lie ». Suivant Oudin (p. 56) « c'est une sorte de vin blanc, doux et trouble, que l'on ameine de Champagne ». — Mort-Dieu! vous autres qui estes mes bons amys, ne me vouUez-vous pas ayder à avoir raison de ces bourreaux médecins qui ne me veuUent laisser boire du bourru? Et par Dieu, j'en boiray, IV, 92.

Fin de marché ^ vin bu à l'occasion d'un marché conclu. Voy. Marché.

F indite, vindicte. Voy. Nonchallance .

Finette^ oseille. Je connois une grand' dame à qui sa mère, dez son petit aage...., luy fit user.... en tous ses repas du jus de vinette qu'on appelle en Finance ozeille, IX, 227.

Fiolencc^ force. Lequel (le duc de Lenox) il faut louer ;i toute violence d'un traict noble qu'il fit dernièrement, II, 370.

Fireton^ trait d'arbalète. Faisant allusion sur un vireton ou trait d'arbaleste, VII, 95.

Firil^ vigoureux, fort. Voy. Mener les mains.

Fision^ vue. Cette coupe faisoit de terribles effets, tant y estoyent pénétrantes ces images, visions et perspectives, IX, 49,

Fiste (aller), être vif. M. du Lude eut un jeune frère qu'on appelloit M. de la Crotte..., qui alloit un peu plus viste que l'aisné, II, 417,

Fitrine, fragile comme verre. En voicy un antre (conte) d'un

qui fit forger à Milan par un maistre très exquis deux paires d'armes, tant espée que dague, toutes vitrines, c'est à dire rompantes comme verre, mais pourtant de fer ou d'acier, VI, 297.

Vitupêrable^ blâmable. Pour le service et la recognoissance de son roy, il ne se peut commettre aucune chose reprochable ny vitupérable, IV, 126.

Fœu, pèlerinage. Le saint sépulchre et l'c'glise latine de Hiérusalem que le grand sultan voulut faire une fois du tout abattre, ruyner et en aboUir et deffendre les vœuz qui s'y font tous les ans, II, 32.

Vogue ^ re'putation. Ce furieux combat aux Gerbes, auquel les François emportarent vogue d'avoir très bien et vaillamment combattu, V, 383.

Fogue^ cours d'une galère, II, 53, note. Voy. Sié.

Vogue rancade^ àpleines voiles. La (galère) capitainesse verte.... soudain, à toute force de rames et vogue rancade, vint à investir l'autre capitainesse blanche, noire et rouge, III, 255.

Voguer^ être en vogue. Elle sentoit fort de Luther, qui voguoit pour lors, IX, 339.

Voile (se vouer au), prendre le voile. J'en alléguerai un plaisant conte d'une (courtisane), laquelle s'estant voue'e au voyle, avant qu'aller au monastère, IX, 689.

Voiler (se), prendre le voile. Je m'en rapporterois volontiers à aucunes belles filles, jeunes repenties, qui se sont voile'es et recluses, IX, 132.

Voille (donner), faire voile. Faire un' eslection tant d'hommes que de vaisseaux sains et gaillardz et puis donner voille, II, 122.

Voille rougCj rougeur. Voy. Verecondie.

Voir^ entendre. Mais, dira quelqu'un, comme je vis dire une fois à un comité de gallère espaignol, IV, 194, Gomme je leur ay veu dire et le monstrer par effectz, ibid.^ 361. Voy. Parlement.

Gette locution se représente à chaque instant dans Brantôme, et suivant H. Estienne (p. 472-473) c'était un italianisme des courtisans. « Plusieurs Italiens, fait-il dire à Philausone, ne disent pas udir la messa^ comme les Francés ouir la messe, ains veder la messa; car vous devez avoir ouy demander souvent : La Signoria Vostra a visto la messa? »

Vois^ voix. Les quites vois populaires en raisonnoient (réson noient), V, 240. Voy. Quite.

Vois^ vi.ys (je), je vais. M. le connestable luy dict (à Mlle le Limeuil) : « Et bien, ma maistresse, je m'en vojs ; vous me rabrouez fort o^ 111, 300. Cf. VII, 144. — H. Estienne blâme cette orthographe, car, dit-il (p. 143) : « je voy^ c'est video-, je vay, c'est vado. »

Voise, aille. Gardez bien qu'il ne s'en voise point (lettre de Louis XI), II, 337.

rolant, agile, leste. Leurs jambes (celles des Suisses) n'y sont pas si légères ny si voilantes que les autres que viens de dire, I, 340.

Voilant j de passage, de rencontre. Et Dieu scait quelz services, telz quelz et légiers, à mode de capitaines vollans, IV, 14.

Volontaire^ de bonne volonté. J'en ay ouy parler à plusieurs marys qui trouvoyent leurs vieilles.... aussi belles par le bas comme jamais, en vouloir, en gaillardise, en beauté et aussi volontaires, et n'y trouvoyent rien de changé que le visage, IX, 347.

Volontairement, de bonne volonté. J'en voys (vais) nommer aucunes qui ne s'en sont point souciées (de mourir) et volontairement ont receu (accepté) la mort, bien que sur le coup l'annonciation leur soit fort amère et odieuse, IX, 4S3.

Volontièrement , volontiers, volontairement. Je veux aussy et ordonne qu'on paye à M. du Préau.... la somme de trois cens escuz qu'il m'a preste très-volontièrement, X, 129.

Volte^ route; en italien volta. Ledict sieur magnifique (le vénitien Pascalico poursuivi par Dragut) fut contraint se sauver à la volte de Corfou, II, 49.

Volter, tourner; en italien voltar. Disant (M. de Bure) qu'il n'avoit jamais voulu boire en la bouteille des princes protestans ny volter face à son maistre, I, 317.

Vouloir, devoir. Lorsqu'il voulut mourir, il (le duc d'Albe) se sentit ataint en sa conscience si vivement des cruautés qu'il avoyt fait faire en Flandres qu'il s'en confessa, I, 110. Si bien que lorsqu'il (le prince d'Orange) voulut mourir, il (l'empereur) l'alla voir en sa tante et en partit les larmes aux yeux, //)/J., 243. (C'est la locution italienne si viiol, il faut.)

Voulontiers, aisément, facilement. Voy. Touche.

Vousist, voulsist, voulût. Il (le confesseur de Charles-Quint) luy desnia l'absolution, le mettant en peine d'en chercher un autre qui le vousist absoudre, I, 168.

Voyage^ expédition militaire, campagne. Mis en délivrance

(Louis XII) fut contrainct de faire le voyage de Naples avec luy (Charles VIII)..., auquel voyage fut en plusieurs périlz et dangers, II, SoQ. Il (La Chastaigneraie) fut blessé aussi en ce voyage, (l'expédition de Landrecies), en un' escarmouche, V, 8i. Cf. VI, 173. Voy. Hors.

Frenilleux^ inconstant. (La Fortune) me fait ressouvenir.... de quelque belle dame vrenilleuse et voilage qui, encaj)ricée désordonnément d'un nouvel amant, l'ayme, l'adore...; après.... le quicte, vous le plante là, III, \i.

Vuider, sortir, décamper. Et leur commanda aussi to>^t (Strozzi à des cordeliers) de vuider, car de son naturel il n'aymoit guières ces gens-là, II, 2o6. Ah ! par Dieu, madame la sotte, vous vuiderez d'icy (de la cour) ; vous n'y viendrez jamais, IV, B.j. Cf. Ibid.^ 223.

Vulgaire^ divulgué, connu. Ce massacre (de Frégose et de îlincon) estoit trop vulgaire, I, 207.

f'idgaire^ nombreux, commun. Voy. Trivial.

Vulgaire à (être en), être populaire, répandu parmi. Un traict qu'il fit (un maître d'armes).... qui me fut raconté et leque est encor aujourd'huy en vulgaire aux vieux, qui les y voudra interroger, IV, 14.

Fulgue (le), le vulgaire. Et le vulgue ignorant va tout couvert et aproprier à cest esprit familier, IV, 97 et note 2.

Fuyder. Voy. Vuider.

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