‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 11 sur 251 · Laredo, à 48 kilomètres 0. de Bilbao · texte numérisé non relu

Laredo, à 48 kilomètres 0. de Bilbao

3. Le texte espagnol, qui devait se trouver sur un feuillet séparé, manque dans le manuscrit. On lit en marge de la main de Brantôme : Faut métré fhespagnol advant le françoys. Ce texte est, du reste, de la façon de Brantôme qui a traduit à peu près le récit de Strada, liv. I. — Cf. de Thou, liv. XVI.

ESPAIGNOLLES.

mi madré , y como desnudo tan bien me vaclvo a ti, coma a mi segunda madré , a la quai, en favor de tan grandes mcrecimientos que yo lie recebido de ti, no podiendo por ahora , ni mas, ni mejor, yo le hago un présente de este pobre cuer/x) enferma, y de estos pobres buesos secos y débilita dos, « O ma très-chère et désirée mère, Dieu te sauve et garde ! Comme nud je suis sortv du ventre de ma mère, ainsi comme nud je retourne vers loy, comme à ma seconde mère, et en récompanse de plusieurs mérites que tu as usé envers moy, ne pouvant mieux pour à eest’ heure, je te donne ce mien corps malladif et mes os foibles et débilles. »

Ainsi, ayant parlé les larmes aux yeux, il salue très-courtoisement tous les seigneurs qui estoient venus au devant de luy ; et, s’acheminant peu à peu par terre à son monastère, il passa à Vailledolid *, où il veid son pettit-filz et filleul, Charles le prince d’Espaigne, à qui il fit de fort belles leçons pour ensuivre ses .prédécesseurs. Considérez, s’il vous plaist, l’humiliation de ce grand empereur, luy qui, en son temps, avoit ereu, par manière de dire, que la terre n’estoit pas assez digne de le porter, s’agenouiller à elle ! Hélas ! il ne l’eust pas fait, si la vieillesse, la malladie et l’indisposition , qui font humillier les plus orgueilleux, ne luy* eussent poussé.

Ce sont esté ceux , et sont encor, par lesquelz le grand roy d’Espaigne donne terreur à tous ses ennemis, soyent cachez, soient descouverlz, que quand on parle qu’il y a en son armée seullement huict

Page 1