Ponte-di-Stura. — 2. Marie Stuart
M. DE LA NOUE
d’Andelot ayant assiégé le roy dans Paris à demy, eux estons dans Sainct-Denis, ilz donnèrent la charge à M. de La Noue d’aller surprendre Orléans; ce qu’il fit facilement par le moyen du baillif Grelot ' et ceux de la ville, qui estoient quasi tous la pluspart partisans de la religion; mais il restoit la citadelle, qui estoit bonne et bien munie d’artillerie, qui fouettoit ceux de la ville, il ne faut dire comment. Mais M. de La Noue la battit et l’assaillit si bien, qu’à la longue d’un mois ou trois sepmaines, l’emporta, cependant que les autres amusoient le roy et ses forces, qui ne put la secourir; car s’il les eust divisées pour y aller, ilz ne demandoient pas mieux.
Les troisiesmes troubles revindrent puis après, où mondict seigneur de La Noue fit encore mieux ; car, ayant M. d’Andelot, un autre grand capitaine, avec soy, et toutes les forces huguenottes de la Bretaigne, Normandie, le Mayne, le Perche, l’Anjou et autres provinces, fallut passer la rivière de Lovre, estant M. de Montpensier d’un costé et M. de Martigues de l’autre*. Nonobstant, la passèrent bravement sans grande perte de gens, et une bien grande de la troupe de M. de Martigues, car il perdit son enseigne, M. d’Ourches’, de Dauphiné, brave et vaillant gentilhomme s’il en fut oncques, et fort mon amy, duquel la perte emporta plus que tout ce que M. d’Andelot peust perdre. La rivière se passa donc en despil
1 . Jérôme Groslot. La Noue s'empara d’Orléans le 28 septembre 1567. La porte Banière, dont les catholiques avaient fait une espèce de citadelle, se rendit le 12 octobre suivant.