Rostain d'Urre, seigneur d'Ourches
M. DE LA NOUE
de tout obstacle, M. d’Andelot y travaillant d’un costé et M. de La Noue de l’autre. Toutes ces forces huguenoltes estant assemblées, elles prindrent Sainct- Jehan, Cognac, Xaintes, Pons, Blaye, Angoulesmes et plusieurs autres.
Monsieur, frère du roy, nostre général, emmena ..son armée ; si bien qu’en un an il leur livra deux batailles, celle de Jarnac, et l’autre de Montcontour, ès quelles toutes deux M. de La Noue fut pris en vrav homme de guerre, encor qu’en celle de Jarnac luy fallut combattre ayant la fièvre quarte. Les princes et M. l’admirai estant allez en Gascogne et Languedoc, il demeura avec le comte de La Rochefoucaut en Xainctonge, Angoulmois, Poictou et autres pays de leur conqueste, gouverneur; dont il s’acquicta bien, car il deffit Puygaillard ', qui avoit six ou sept cens chevaux, et le régiment des gardes qui s’estoit sauvé dans Lusson, qu’il prit à sa mercy; là où il usa d’une grande courtoisie de guerre, car il le renvoya avec toutes ses armes, enseignes et tabourins, comme point vaincu : de quoy fut fort loué d’un chacun, et le vis fort louer à la revne et au roy, comme de chose inouye et peu advenue.
La paix se fit, et le comte Ludovic de Nassau alla faire ses entreprises en Flandres, demandant pour son second M. de La Noue , et firent prou pour un commencement ; mais ilz eurent en barbe ce grand capitaine le duc d’Albe, qui les empescha soudain de parachever leur besogne, et leur emporta Valanciennes par le moyen de la citadelle qu’ilz n’avoient
t. En 1870. Voyexde Thou, liv. XLV1I,
M. DE LA NOUE
pas; et puis les alla assiéger dedans Mons en Haynaut, où ledict comte estant tombé malade, ce fut à M. de La Noue à supporter le faix du siège de tout; mais, n’en pouvant plus, fut contraint d’en sortir par une très-belle et honnorable composition avec pourtant une très grande admiration et estime qu’il laissa de luy au duc d’Albe et à toute son armée.
Le massacre de la Sainct-Barthélemy s’estant ensuivv, fut envoyé quérir jusques en Flandres par nostre roy, pour l’envoyer à La Rochelle et la solliciter de luy rendre son obéyssanee (cecy est une autre paire de manches, et longues à coudre, que j’espère dire ailleurs et à propos); mais il n’y put rien gaigner, et fallut qu’il en sortist sans rien faire, sinon d’avoir donné une bonne leçon et instruction pour se bien deffendre, qu’elles nous coustèrent la perte de vingt mille hommes; car quand il y entra ilz estoient au bout de leur rollet*, ainsi que luy et eux m’ont dict.
Ce siège nous porta la paix qui ne dura guières, car, le roi de Poulogne s’en estant allé en son nouveau royaume, les armes se prindrent au mardygras, en Normandie, M. le comte de Montgommery en chef, et en Xainctonge et Guyenne, M. de La Noue chef-; où pourtant il lut grandement blasmé des siens mesmes de n’avoir secouru jamais ceux de Lusignan assiégez, d’un seul homme, non pas d’une seule allarme, en trois mois que le siège dura ; et j’en ay veu plusieurs soldats qui estoient dedans s’en