Rollet, rouleau
M. DE LA NOUE
plaindre, disans : a M. de La Noue nous a fort bien « nouez, mais il nous a mal desnouez. » Mais, pour cela, il ne le faut pas mésestimer, car possible il n’avoit pas le moyen ; si a-on veu des places secourues de nostre temps pourtant, et plus mal aysées que celle-là. Je m’en rapporte à ce qui en est; je luy en ay veu dire des raisons alors que ce siège duroit, m’ayant le roy despesché de Lyon vers luy 1 , lorsqu’il fut de retour de Poulogne, pour ouvrir quelques propos de paix.
Or, ayant, Monsieur, frère du roy, conceu quelques mécontentements contre Sa Majesté, et soufflé par les huguenots, qui n’avoient plus un grand chef, et qui avoient pris à propos ceste occasion de mécontentement, il s’en alla de la cour. M. de La Noue, dès le siège de I>a Rochelle, avoit commencé à le débaucher : je sçay ce que luy en dis, me doublant bien de quelque chose, et qu’il y avoit quelque anguille soubs roche; mais il me nyoit tout; et tant plus qu’il me faisoit ces protestations, je luy répliquois tousjours (car nous estions très-grands amys, et la pluspart du temps couchions ensemble) qu'il mettroit ce prince à mal. Enfin, le voylà aux armes et hors de la cour. M. de La Noue le va trouver vers le Poictou avec ses forces, où je le vis et luy ramenteus * bien ses anciennes protestations qu’il me faisoit devant La Rochelle; mais la reyne mère, qui estoit toute bonne et très sage, ne cessa jamais qu’elle n’eust accordé les deux frères; si bien que le roy de Navarre, s’en estant aussy desparty de la