‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 123 sur 251 · M. DE LA NOUE · texte numérisé non relu

M. DE LA NOUE

Du despuis, après le massacre de la Sainct-Barthélemy, le roy l’envoya quérir en Flandres, sortant du siège de Mons en Haynaut, le remit en sa grâce, le remit en ses biens, en ce 1 qu’il aille à La Rochelle et persuade aux habitans de rentrer en leur deue obéyssance : ce qu’il ne fit point, mais leur per- ' suada le contraire. De plus, continuant ses mesconnoissances, il fut un des principaux ministres qui persuada à Monsieur, estant à I>a Rochelle (cela est bien vray), de s’esmouvoir et de s’en aller de la compaignie de M. son frère; mais le coup fut rompu (j’en dirois bien les occasions) jusques à ce que les armes se prindrent au mardy-gras, que mondict sieur, frère du roy, et le roy de Navarre, furent descouverts en leurs menées à la cour, et par ce espiez et tenus de près, tant par la providence du roy Charles que de la reyne. Et de tout en esloit cause M. de La Noue, pour en faire jouer le jeu, qui pourtant, nonobstant que ces deux grands princes fussent prisonniers, luy ne laissa à mouvoir et faire tousjours guerre, et trouver inventions et moyens pour faire sortir Monsieur de la cour, qu’il alla trouver et persuader beaucoup de choses (comme Monsieur l’a dit despuis) contre le roy et l’Estat, sans la bonté de Monsieur et la sagesse de la reyne mère, qui le mit d’accord avec le roy son frère, et le remit si bien, qu’oncques puis ne s’arma contre luy.

Mais le roy de Navarre prit sa place, où M. de Iji N oue l’assista tousjours à faire la guerre contre son rov, jusqu’à ce que, sentant quelques remords de *

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