Jean de Vitry, l’aîné, sieur de Lallière
3. Dans le procès du conne'table figurent, parmi les accusés, Antoine des Guières, seigneur dc.Charcncy, et Barthélemy de Guerre, châtelain de Moulins. (Voyez Ms. Dupuy, n° 434, P 1 413.) Je ne sais duquel des deux veut parler Brantôme.
M. DE LA NOUE
La Chapelle-Montmoreau ; de tous ceux-là je n’ay veu que le seigneur des Guerres à Naples, la première fois que j’y fus, et qu'il vint faire la révérence à feu M. le grand-prieur de Lorraine, fort honnesle gentilhomme certes. Il avoit bien six mille escus d’intrade à Gazé, et esloit marié à Naples. Ce La Chapelle-Montmoreau estoit un gentilhomme, mon voisin, que je n’ay point veu; mais j’av ouv raconter à deux de ses frères qui l’allèrent veoir en Espaigne par cinq ou six fois, et l’y virent si honoré et si enrichy, que, les voyant, il les pria de ne se dire ses frères, à cause qu’ilz étoient très-mal en poinet, car je croy qu’ilz n’avoient pas tous ensemble deux cents livres de rente, et donna à sesdicts frères assez de moyens ; mais c’estoient des desbauchez qui brouillèrent et consommèrent tout à leur retour. Du despuis j’ay veu aucuns titres de luy, par lesquelz il paroissoit qu’il avoit, ou en estât chez l’empereur, ou en pensions, ou en banques, plus de douze mille ducats de revenus. Il mourut à Nancy, ayant esté envoyé ambassadeur par l’empereur son maistre vers l’altesse de madame sa niepee 1 , et est enterré audict Nancy aux Cordelliers, dans une petite chapelle à droite en entrant, ainsy que m’ont dict ses frères, lesquelz ont laissé perdre tout par faute d’aller sur les lieux, et aussv qu’ilz n’avoient point trop d’esprit : leur frère leur avoit tout emporté avec luy.
L Chrétienne de Danemark, femme de François, duc de Lorraine, morte en 4590. Elle était fille de Christiern II, roi de Danemark et d’Élisabeth on Isabelle d’Autriche, sœur de Charlcs- Quint.
M. DE LA NOUE. 248
J’y ay veu d’aussy beaux papiers et titres, que, s’ilz fussent tombez entre les mains d’un habile homme, il fust esté riche de plus de cinquante mille escus.
Voylà comme l'empereur sceut très-bien remarquer et recognoislre les bons cœurs de ces gens de bien : que s’ilz fussent esté autres, il ne s’en fust jamais servy nv ne les eust jamais estimez ; car ces grands, encor qu’ilz fassent pour le commancement bonne chère aux traistres et aux ingrats à leurs bienfacteurs, et leur monslrent quelques signes de bénivolance si est-ce que puis après ilz s’en mocquent, ilz ne s’y fient point et ne les estiment jamais.
Je me soubviens que, lorsque M. de Montmorency d’annuy ’ fut contraint de s’armer contre le roy en Languedoc, lorsqu’il tourna de Poulogne, il dict à ses serviteurs et gentilshommes : « Messieurs, vous voyez « comme je suis pressé et contraint de prendre les « armes contre mon roy, ce que j’ay fuy tout ce que « j’ay peu; je les prends certes à mon grand regret, « non pour agresser, mais pour me deffendre. Je « sçay que parmv vous autres il y en peut avoir w quelqu’un à qui l’âme et la conscience peuvent « picquer de faire comme moy et de s’armer à l’en- <c contre de son roy, chose fort difficile à digérer ;
« parquoy tous ceux qui sont atteints de ces re- « mors et qui ne voudront demeurer avec moy « et s’en aller, je les puis asseurer que pour cela je ne