‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 143 sur 251 · I. Voyez Guillaume de Tyr, liv. XVIII · texte numérisé non relu

I. Voyez Guillaume de Tyr, liv. XVIII

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Jl. DE LA NOUE.

face force ehrestiens que je sçay ! A grand peine M. de La Noue eust-il fait à l’endroict de JM. de Lorraine comme fit ledicl sieur de Sassonnage, quand il l’eust tenu ainsy à sa mercy, veu que de loing il l’abbayoit et luy nuysoit le plus qu’il pouvoit.

En nos guerres eivilles, en la baltaille de Jarnae, le feu comte Gavasse 1 brave et gallanl gentilhomme italien, qui s’estoit trouvé en plusieurs bons affaires pour le service du roy, et mesmes au siège de Sienne avec M. de Montluc, et mourut en Dauphiné (lorsque le roy Henry IH tourna de Poulogne) en titre de mareschal de camp, et fut tué en une rencontre ; il fut soupçonné, et non à tort, d’avoir sauvé M. de Téligny, qui par cas esloit tumbé entre ses mains; mais, d'autant qu’il avoil receu plaisir de luy, le voulut recognoislre en une si belle occasion : parquoy le fit esvader, sans sonner mot, tout bellement du champ de hattaillc, et le conduisit hors du vainqueur, sans en vouloir faire sa parade au général et à l’armée, comme plusieurs pleins de vanité et ingrats eussent faict, ny sans crainte d’en estre repris ny en estre en peine ; car il ne luy alloit rien moins que de la teste pour le droict de la guerre. Monsieur, nostre général, le sceut comme par une suspicion sourde; car il y avoit joué son jeu seur et sans bruit, si bien que par aucune vive apparence ny conjecture vraye on n’en eust rien sceu juger sainement; si n’en fut-il inquiété nullement du général, ains en fut loué, et de luy et des gallants de l’armée, et fort estimé, pour avoir esté si bien à l’endroict de son amy.

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