‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 144 sur 251 · Jean Galéas de Saint-Séverm, comte de Uajasso · texte numérisé non relu

Jean Galéas de Saint-Séverm, comte de Uajasso

M. DE LA NOUE

I,e marquis de Richebourg, autrement de Renty, n’en fit de mesme à l’endroict dudict M. de La Noue; car encor qu’il luy eust obligation de tout ce qu’il seavoit de la guerre dès-lors qu’il alla en Flandres (j’ay escrit cecy, s’il me semble, ailleurs 1 2 ), quand il fut pris on ne le recognut nullement, jusques à faire fort peu de cas de luy et le rudoyer, et parler fort bravaschement à luy, et s’en servir au lieu où il le mena en forme de triomphe, non de magnificence, mais de risée et de desdain ; et diet-on que, luy ayant esté remonstré par aucuns de ses privez à le traicter plus honnorablement, et selon son mérite et sa fortune, et l’obligation qu’il luy avoit, il n’en fit aucun cas, sinon, je pense, que tout ainsy que ledict M. de La Noue avoit faict à sa patrie et à son roy et autres, il estoit nécessaire et très-juste qu’on luy en fist de mesmes.

Pompée usa de pareil à l’endroict de Perpenna', lequel, après qu’il luy fut mené prisonnier, le fit mourir tout incontinent; ne méritant en cela d’eslre blasmé ny condamné d’ingratitude, comme mal recognoissant des bons services, tours et plaisirs que ledict Perpenna luy avoit faicls en Sieille, ainsy comme aucuns le chargeoient; mais plustost doibt estre loué de grande magnanimité, pour avoir sauvé toute une respublique que ce mesebant homme accusoit par des papiers qu’il montra à Pompée, qu’il ne voulut voir pourtant, qu’il avoit retiré de Sertorius; aussy que ce maraut ne méritoit de vivre, pour avoir

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