‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 145 sur 251 · Voyez Plutarque, Vie de Pompée, ch. xxtx · texte numérisé non relu

Voyez Plutarque, Vie de Pompée, ch. xxtx

M. DE LA NOUE

tué son général et son capitaine, qui valoit pins que luy, et duquel il avoit reeeu une infinité de plaisirs et de courtoisies.

Il faut que je fasse ce petit conte d’un de nos françois, qui fut le cardinal Haine, du temps du roy Louis XL Son premier advanccment fut qu’il fut simple valet de l’évesque d’Angers 1 , de la maison de Beauveau, dont j’en ay cognu la race bonne et noble. Il fut eslevé par luy en biens et grandeurs, et puis le donna au roy Louis XI, qui aymoit fort les gens subelins d’esprit; et, pour ce qu’il le trouva à son gré, le fit évesquc d’Evreux et puis cardinal. Estant monté si haut, comme ingrat s’oublia, et en son Dieu et ses maistres. Il commença premièrement en Dieu, et puis en son maislre premier, dont il fit de si meschants rapports faux au roy, qui croyoit légèrement, qu’il adjousta foy à ses paroi les; et, par frauduleuses informations qu’il fit faire, il fit desclarer inhabile à l’évesché, et se fit par conséquent (cela s’entend) conférer par le roy ladicte évesché *. Ainsi il deffit son premier maislre et bienfacteur; et puis il fut traistre au roy, son second maistre, par mille trahisons qu’il luy fit, et intelligences qu’il avoit avec le duc de Bourgoigne et autres ses ennemys ; dont il luy fit espouser une prison fort estroicte et rigoureuse pour onze ans, non sans soupçon de poison, à la mode de ce roy, qui sçavoit ainsy ehastier ses gens traistres et desloyaux; ce qui fut bien employé : et ainsy devroit-on faire à tous les infidèles et ingrats; le monde en seroit plus net qu’il n’est.

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