‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 151 sur 251 · Ramées, couvertes de branches · texte numérisé non relu

Ramées, couvertes de branches

à. On dit, c'est-à-dire Vallès. Brantôme a déjà raconté tout

vu — 18

DISCOURS

M. l’admirai en ayant donné totale charge de cesle retraicle à M. de Bayard (M. du Bellay y met M. de Sainel-Pol, mais l’Espaignol ne faict mention que de messieurs de Bayard et Vandenesse), luy recommandant surtout l’artillerie qu’elle ne fust prise, M. de Bayard luy respondit : « Monsieur, j’eusse fort de- « siré que le roy et vous m’eussiez donné ceste « charge en fortune plus prospère et heureuse que « l’advanture me traicte; je feray en sorte que tant « que j’auray la vie, je la delfendrav si bien que « l’ennemy n’en triomphera point. » .

Et ainsy qu’il le dit, il le tint très-bien, demeurant tousjours serré, sur la queue, et rendant tousjours quelque gentil combat. Mais le malheur fut qu’il eut une grande mousquetade dans l’espaule, qui le força de la douleur de mettre pied à terre : et soudain, ayant esté assisté des siens, et le voulant désarmer et porter sur des pieques (car il n’y avoit soldat qui ne l’aimast et ne l’honorast plus que le général), il pria chascun de se retirer et sauver, a Car, quant à « moy, dit-il, je veux mourir dans le champ où j’ay « combattu, n’estant bien séant à un grand homme o de guerre de mourir autrement qu’armé de toutes ses armes. »

Et ainsy que les soldats espaignols, poursuivant la victoire, le voyant estendu, lui demandèrent qui il estoit, et qu’il se rendist : « Ouy, dit-il, je me « rends à M. le marquis de Pescayre; » dont tous les Espaignols commencèrent à le louer grandement di-

ceci clans l’article consacré à Bayard (voyez t. U, p. 382 et suivantes) .

sans : Que se maravillaban mucho del gran juyzio de tan valeroso hombre , el quai sabiendo muy bien que la suprema autoridad de! gtn’ierno eslava en poder de don Carlos de Lanoy y del duque de Dorbon, quisiesse antes rendirse al marques que a el/os; dando à entender que el nombre de la guerra ganado eon valor verdadero, y con hechos illustres, era muy mas 'noble y honrado, que no el que se gana con et juego de la fortuna amorosa , y con el soberbio favor de los reyesdel mundo', c’est-à-dire : « Qu’ilz s’émerveilloient fort du grand jugement d’un si valeureux homme, lequel scacliant bien que la suprême authorité du gouvernement appartenoit à don Charles de Lanoy et M. de Bourbon, néanmoins il aima mieux se rendre au marquis qu’aux autres, sçachanl bien que le renom de la guerre, gaigné par une vraie vertu et par illustres faietz, est plus honnorahle que celuy qui se gaigne par le jeu de la fortune amoureuse, ou par la superbe faveur des roys. »

M. le marquis aussi le receut fort honnorablement, et luy bailla des gardes pour l’avoir en recommandation a que no recibiese ninguna violencia ni injuria de ninguno soldado avariento o ignorante , porque era menesler que persiguiese los enemigos', c’est-à-dire : « Qu’il ne rcceut nulle violence ni injure d’aucun soldat, avare ou ignorant de l’art de la guerre; car il luy falloit poursuivre l’ennemy. »

Lediet marquis le voyant en tel estât, s’cscria aux soldats : Ea ! soldados, Victoria tenernos ; jxjrque es

t. Vallès, liv. III, ch. xi, 1* 10C.

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