‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 152 sur 251 · Vallès, ibid · texte numérisé non relu

Vallès, ibid

DISCOURS

muerto el capiton Bajrardo *. « Soldats, nous avons la victoire, puisque le capitaine Bayard est mort. » Et luy lit tous les honneurs du monde pour si peu de vie qu’il luy restoit, et les meilleurs traictemens; ayant commandé luy faire tendre un pavillon fort superbe sur le champ mesme, et un lict pour se reposer; et mourut ainsy sans jamais se désarmer. Y asi rnurio armailo en el campo, corno lo habia siempre deseado ; « Et ainsi mourut tout armé dans le camp, comme il l’avoit toujours souhaité. »

Après sa mort, le marquis honora son corps de superbes obsèques, et le renvoya aux siens honorablement, qui l’emmenèrent en France. Ce fut lors qu’il dict à M. de Bourbon ces belles parolles que M. du Bellay a mises dans ses Mémoires. Car, ainsy que M. de Bourbon poursuivoit l’ennemy, et passant auprès de M. de Bayard et le voyant en si piteux estât, lui dict : « Monsieur de Bayard, j’ay grand- « pitié de vous. » Lequel luy respondit : « Mais moy, « Monsieur, de vous, qui combattez contre vostre « Dieu, vostre roy et vostre patrie ; et moy, je meurs « les armes à la main pour les deffendre'. »

Je suis esté un peu long en cet incident, et crains qu’on ne me coulpe * de m’estre ainsy exlravagué. Toutesfois, parlant si bien de ce grand personnage, tout peut passer sous ceste belle monstre.

Et, pour retourner encore à nos retraictes, auxquelles tend nostre discours, pour en parler de celle

1. Le texte de du Bellay a été arrangé par Brantôme qui l'avait déjà modifié ailleurs. Voyez t. Il, p. 386.

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