Voyez Commentaires, tome I, p
IV AUCUNES RETRAICTES DE GUERRE. 281 chantans, causans et ayant laissé leurs grands chevaux pour monter sur des haqtienées et bestes d’amble pour aller mieux «à leur ayse estant fatiguez de la course. Lors il/, furent chargez de l’ennemy si à i’improviste et si furieusement, qu’ilz furent contraints, non de se retirer, mais de fuvr à bon escient : dont le mot qu’on en dict, la journée des espérons, d’autant que leurs espérons leur servirent plus que leurs lances, où furent pris M. de Longueville, dict M. de Dunois, M. de Bayard et d’autres grands capitaines, qui trestous oublièrent leurs leçons. M. de Piennes gouverneur de Picardie, en estoit chef.
Si faut-il que je fasse un conte, cependant qu’il m’en soubvient, pour descendre du majeur au mineur, qui est assez plaisant. Du temps de nos guerres civilles que Poictiers fut assiégé par les princes huguenots etM. l’admirai', il y eut un certain jeune gentilhomme de par le monde, que je ne nommeray point; car il m’appartient, et de fort grande maison. 11 estoit en sa jeunesse fort coustumier de faire tousjours un peu du sot, et autant qu’homme qui fust en sa contrée et pays de vaches ; mais pourtant avec cela estoit très-vaillant. 11 avoit eu la compaignie de son père, au moins la moitié, par résignation. Pour envie qu’il eut de faire parler uu peu de luy à son commancement de gendarme , il demanda à Monsieur, frère du roy, pour lors nostre général, d’aller jusques au camp de l’ennemy pour le recognoistre et y faire quelque raflade. Monsréur, qui se