‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 158 sur 251 · Dacs , Dax · texte numérisé non relu

Dacs , Dax

de quelque bandon qui fut fait à la cour contre les capitaines qui demandoient leurs payes dues et rescompense des services passez ; de sorte que , pour un temps, ilz nous surpassèrent en nombre de soldais vieux et bons. De Metz partirent un jour cinquante soldats de la religion (car ilz y Heurissoienl fort), en dessein et résolution de se rendre dedans Orléans, quoy qu’il fust. Quand ilz furent vers Verdun, M. d’Espan 1 2 3 eut langue comme cinquante soldats estoient partis de Metz, et s’en venoient passer dans son gouvernement (car il estoit lieutenant du roy en l’absence de M. de Nevers, auparadvant comte d’Eu), et tiroient droict vers Orléans. Il amasse soudain ce qu’il peut et à la haste pour les aller deffaire. Ces pauvres cinquante soldats en ayant eu le vent, résolurent, quoy qu'il fust, de passer; marchant nuict et jour, font de grandes traictes, de petits repas et courts repos. M. d’Espan les suit tant qu’il peut, et les attrape. Eux le voyant venir se jettent dans un moulin qu’ilz trouvèrent à propos et à la bonne advanture (fortune ayde tousjours aux vaillans et courageux), se rembarrent’, se fortifient, tirent force harquebusades, et si vaillamment, que quelques petits arquebusiers qui estoient là, pensez quelques fiollans’, n’osèrent approcher, ny la cavallerie non plus. Enfin la nuict arrive et sépare le combat. M. d’Espan se retire à quelque bourg prochain

1 . Est-ce Charles de Comüiges , seigneur d'Espaon , mort en 1615?

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