‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 161 sur 251 · François de Mandelot, mort en · texte numérisé non relu

François de Mandelot, mort en

en celle de Montcontour, tout blessé qu’il estoit, que quasy on ne sçavoit que plus louer, ou les beaux exploitz d’armes qu’il y faisoit, ou ses retirades. Ceux qui ont veu les retraites de Dreux, de Sainct- Denis, de Jarnac, de Montcontour, en sçauront bien que dire; et que si la fortune lui estoit contraire en la battaille, pour le moins la démesloit-il bien, et s’en retiroit sihonnorablement,qu’onne sçauroit lui reprocher qu’il eust pris l’espouvante et s’en fust fuv, comme ont faict beaucoup de capitaines après leur battaille perdue, dont les livres sont tous pleins. Tant s’en faut, qu’après la battaille de Dreux, ainsi que nous pensions tout gaigné pour nous et tout perdu pour eux, les voicy venir sur les quatre heures du soir, huict jours avant Noël, à nous, environ cinq cens chevaux seulement qu’ilz estoient, que, sans la vaillance et sage prévoyance de M. de Guyse, je ne sçay que c’en fust esté, et y en eut bien d’estonnez. Et après le coup fait, et voyant qu’il n’y faisoit bon, prindrent congé de nous (et qui avoit mal, à son dam), et puis se retirèrent. Je m’estonne que nos histoires de nostre temps sont esté si desloyales ou ignorantes qu’elles n’ayent touché ces choses.

M. le mareschal de Bié * est fort à louer que, quand les Anglois sortirent de Boulongne pour luy donner la battaille auprès du fort de Montreau, il y avoit avec luy le régiment du comte Reingrave, celuy des François et des Italiens. Comme les ennemis chargèrent nostre cavallerie, elle se mit en route ; et voyant ledict sieur le désordre des gens de cheval,

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