‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 165 sur 251 · Esclairon, Ecluron près de Vassy (Haute-Marne · texte numérisé non relu

Esclairon, Ecluron près de Vassy (Haute-Marne

DISCOURS

où il tenoit son haras : et son escuyer italien, nommé Hespany, estoit monté sur le morel, qui pour avoir esté pris pour feu M. de Guyse, mourut de plus de vingt coups de pistollets.

Ceste disgression pourroit estre fascheuse à aucuns, et à d'autres possible que non : mais je veux mettre toutes les circonstances, afin qu’on ne me trouve menteur. Ce fut lors qu’il dit aussy aux Parisiens, qui estoient un peu effrayez de se voir à dcmy assiégez : « Je vous garderay, mes amys, du « mal; mais de peur je ne puis : » tenant ce mot du roy François, qui dit de mesmes aux Parisiens, lorsque l’empereur Charles V vint et s’approcha d’eux vers Chasteau-Thierry.

Mais pour retourner à la retraicte de M. de Guyse dernier, qu’il l’apprist de M. son père, ou qu’il l’ait faicte ou inventée de sa teste, c’est la plus belle qui se fit et se fera jamais. Et croy que cela luy vint de sa seule teste et de son seul esprit; car il en avoit tout ce qu’il falloit, voire pour en revendre, et de vaillance; de quoy à une autre fois nous en parlerons. Je fais doue fin, après avoir dit qu’il me semble qu’à la battaille de Trebie ', il y eut dix mille soldatz romains, qui, ayant perdu la battaille, passèrent au travers et au beau mitan de leurs ennemis, et se sauvèrent et se retirèrent bravement, à leur barbe, dans la ville de Plaisance. Possible que mondict sieur de Guyse, qui lisoit et estudioit tous les jours, ou se souvenoit de loing, ou avoit leu de frais le conte, qui luy ayda bien à propos pour le coup à

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